kinshasa : Le Fiasco des Engins Magiques, Kin Bopeto et l’illusion de la Propreté

Un examen sarcastique et critique d’une solution encombrante pour un problème débordant

Au pays des promesses éphémères et des solutions miracles, Kinshasa semble être le théâtre d’une nouvelle farce intitulée « Kin Bopeto ». Une histoire où les rues sont les protagonistes, les déchets les antagonistes, et où le gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka joue le rôle du magicien, prêt à faire disparaître les ordures d’un coup de baguette… ou du moins, c’est ce qu’il veut bien nous faire croire.

Gentiny Ngobila, dans son costume d’homme politique moderniste, a réceptionné avec émerveillement une armada d’engins d’assainissement. Près de 200 machines, venues tout droit de chez Albayrak, la société turque spécialisée dans la magie de la propreté. Mais attendez, avant de sortir les confettis et les fanfares, penchons-nous un instant sur cette illusion d’optique.

C’est le grand écart entre les ressources et les besoins que nous offre ce spectacle. 10 000 tonnes de déchets par jour et seulement 25 % de collecte organisée, voilà la réalité brutale de Kinshasa. Mais pourquoi s’encombrer de chiffres quand on peut sortir la grande artillerie des engins magiques ? Après tout, quoi de mieux qu’un bulldozer pour faire disparaître un problème, n’est-ce pas ?

Mais, souvenez-vous que dans ce grand numéro de prestidigitation, l’élément crucial manque : l’éducation environnementale et la culture d’assainissement. Car oui, ce n’est pas parce qu’on a une armée de machines qu’on a soudainement des citoyens bien éduqués sur la question des déchets. Vous pouvez balayer autant que vous voulez, tant que la mentalité des gens reste encombrée de négligence environnementale, vos engins resteront aussi inutiles qu’un parapluie dans un cyclone.

Et voilà le triste constat qui clôt ce numéro de cirque : Kin Bopeto, ce projet qui devait apporter une bouffée d’air frais à la puanteur des rues de Kinshasa, n’est qu’un tour de passe-passe de plus. Des millions dépensés pour des machines qui, sans une réelle prise de conscience collective, ne seront jamais plus que des monstres de ferraille décoratifs, témoins muets du fiasco d’une gestion des déchets aussi efficace qu’une brouette sans roues.

Alors, mesdames et messieurs, avant de croire en la magie des engins, peut-être est-il temps de réaliser que la vraie solution réside dans nos propres comportements et dans une gestion intelligente, durable et éduquée de nos déchets. Sinon, que la farce continue et que les rues de Kinshasa restent les témoins impuissants de notre incurable penchant pour les illusions penses Deborah SIMBEKO, l’une des femmes vendeuses de fripes au grand marché de Kinshasa.

Par Franck zongwe lukama

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *