Dans les profondeurs forestières de l’Ituri, où l’exploitation artisanale et semi-industrielle de l’or structure à la fois l’économie locale et les dynamiques sociales, une nouvelle attaque vient rappeler la fragilité chronique de ces territoires riches en ressources mais exposés à une instabilité persistante. Dans la nuit du 18 au 19 mars 2026, le site minier de Maibo, implanté dans le territoire de Mambasa, a été la cible d’une incursion armée attribuée à des hommes non identifiés, selon plusieurs sources locales concordantes.
D’après les informations recueillies sur place, les assaillants se seraient introduits sur ce carré minier considéré comme stratégique, réussissant à emporter environ 150 grammes d’or ainsi qu’une somme estimée à 12 000 dollars américains. À en croire certains acteurs du secteur, ce site bénéficie notamment de l’implication d’investisseurs étrangers, ce qui en fait un point névralgique dans les circuits d’exploitation et de commercialisation du minerai dans cette partie de la province.
Au-delà de l’acte lui-même, cet épisode s’inscrit dans une série d’incidents qui, selon des observateurs, traduisent une dégradation continue du climat sécuritaire dans plusieurs zones d’extraction en République démocratique du Congo. Dans des régions où la forêt dense complique la surveillance et où les infrastructures restent limitées, les sites miniers deviennent des cibles récurrentes pour des groupes armés ou criminels, attirés par la valeur immédiatement mobilisable des ressources extraites.
Sur le terrain, des membres de la société civile locale font état d’une inquiétude grandissante. Ils évoquent une vulnérabilité persistante des travailleurs et des installations, dans un contexte où les mécanismes de sécurisation peinent à suivre l’expansion des activités minières. Plusieurs témoignages recueillis dans la zone suggèrent que ces incursions répétées contribuent à installer un climat d’incertitude durable, susceptible de freiner les investissements et de désorganiser les chaînes d’approvisionnement.
Dans cet environnement déjà marqué par des tensions foncières, des enjeux économiques élevés et une pression croissante sur les écosystèmes forestiers, la question sécuritaire apparaît, selon certaines analyses, comme un facteur aggravant des déséquilibres existants. L’exploitation aurifère, souvent menée en marge des cadres stricts de régulation, accentue par ailleurs les interactions complexes entre acteurs locaux, opérateurs économiques et groupes armés.
Face à cette situation, des appels se multiplient en direction des autorités compétentes pour un renforcement des dispositifs de sécurité autour des sites miniers de la région. La société civile plaide également pour l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les responsables de cette attaque, estimant qu’une réponse judiciaire pourrait contribuer à dissuader de nouvelles incursions.
À ce stade, aucune interpellation n’a été signalée. Les auteurs de l’attaque demeurent introuvables, laissant planer, selon plusieurs sources locales, un climat d’incertitude sur la poursuite des activités à Maibo. Dans le territoire de Mambasa, où l’économie extractive reste l’un des principaux leviers de subsistance, cette insécurité persistante interroge, en filigrane, la capacité des institutions à sécuriser durablement des zones à la fois stratégiques et vulnérables.
Par kilalopress