Kinshasa, le 10 octobre 2024 – Le Gouverneur de la Ville de Kinshasa a lancé un ultimatum de 72 heures, le 7 octobre dernier, aux bourgmestres des communes, leur ordonnant de soumettre des plans communaux d’actions environnementales.
Daniel Bumba lance un ultimatum de 72h aux bourgmestres pour présenter un pland’action contre les déchets, l’insécurité et les nuisances sonores. Cette initiative, bien que louable, soulève des questions sur sa faisabilité étant donné qu’il y a des étapes à franchir avant l’élaboration et la mise en œuvre de ces plans communaux d’actions environnementales promues par le cadre juridique sur la
protection de l’environnement en vigueur en République démocratique du Congo (RDC), comme l’explique le Pr. Blaise-Pascal Ntirumenyerwa Mihigo de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, dans un article d’actualité.cd intitulé « Kinshasa: les préalables à l’élaboration et à la mise en œuvre des plans communaux d’actions environnementales au regard du cadre juridique congolais sur la protection de l’environnement (Pr. Blaise-Pascal Ntirumenyerwa Mihigo) | Actualite.cd ».
Les bourgmestres font donc face à une situation délicate. Au regard du cadre juridique congolais sur la protection de l’environnement, le plan communal d’action environnementale doit être conforme au programme provincial de protection de l’environnement, traduction de la politique provinciale d’assainissement et de protection de l’environnement. Ce programme provincial de protection de
l’environnement doit être cohérent au plan national d’action environnementale et à la politique nationale en matière environnementale qui doivent être définis par le Gouvernement.
En clair, les bourgmestres doivent élaborer des plans communaux d’actions environnementales en fonction de ces politiques, plans et programmes devant être adoptés au niveau national (Gouvernement) et au niveau provincial (Ville de Kinshasa).
Or, les problèmes de gestion des déchets, d’insécurité et des nuisances sonores sont plus que jamais urgents. À titre illustratif, près de 60 % des déchets produits à Kinshasa ne sont pas collectés entraînant la dégradation de l’environnement et des sérieux problèmes de santé publique. En parallèle, les nuisances sonores sont une réalité quotidienne pour plus de 17 millions d’habitants de Kinshasa. La lutte contre ces nuisances sonores est négligée par les décideurs au niveau national et de la Ville de Kinshasa, en dépit de l’existence d’un cadre juridique encadrant la production sonore en RDC.
Le décret n°14/12 du 08 mai 2014 portant réglementation de la production sonore en RDC, existant depuis 10 ans, n’est pas scrupuleusement appliqué. Les habitants subissent quotidiennement des bruits intempestifs venant des bars, des églises et d’autres établissements, créant une insatisfaction grandissante.
Face aux urgences environnementales relevées, les décideurs au niveau provincial et national doivent agir rapidement avec volonté, courage, rigueur et responsabilité en adoptant les politiques, les plans et les programmes promues par le cadre juridique congolais en force.

Les bourgmestres devront élaborer des plans communaux d’actions environnementales en fonction de ces politiques, plans et programmes devant être adoptés au niveau national et provincial. Pour y arriver, les bourgmestres ont besoin de ressources humaines (capacité technique) et matérielles (temps, financement) pour produire un travail de qualité.
Élaborer des plans communaux d’actions environnementales requiert une collaboration avec les parties prenantes. Que faire alors pour résoudre ce problème ? La réponse réside dans une véritable volonté politique et une mobilisation des ressources capables de promouvoir véritablement l’assainissement de la Ville de Kinshasa.
La population attend des actions tangibles et salvatrices visant à tacler la crise environnementale à Kinshasa. Ceci nécessitera un engagement véritable et éclairé par la science des autorités. Cet engagement devra conduire à la restauration de l’état de l’environnement de la Ville de Kinshasa et l’amélioration du bien-être de la population kinoise.
Un dialogue inclusif et constructif autour des questions environnementales et le strict respect du cadre juridique pour une meilleure planification de la protection de l’environnement de la Ville de Kinshasa sont importants pour envisager un développement durable à Kinshasa, capitale de la RDC.
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