Le marché carbone est de plus en plus mobilisé en République démocratique du Congo comme un mécanisme destiné à soutenir la conservation forestière, contribuer à l’atténuation du changement climatique et générer des retombées économiques au niveau local. Cette approche repose sur la capacité des projets carbone à assurer la permanence du stockage du carbone tout en maintenant des bénéfices durables pour les communautés vivant dans ou à proximité des forêts. Toutefois, l’expérience observée dans plusieurs zones du pays met en évidence des contraintes structurelles qui affectent la réalisation de ces objectifs.
La permanence du carbone est généralement évaluée à partir d’indicateurs biophysiques tels que l’évolution de la couverture forestière, les taux de déforestation évitée, l’imagerie satellitaire ou les modèles d’occupation des sols. Ces outils permettent de mesurer les dynamiques écologiques, mais ne prennent que partiellement en compte les facteurs institutionnels et sociaux. En RDC, les forêts sont situées sur des territoires régis par des systèmes fonciers complexes, où les droits coutumiers coexistent avec le droit formel, souvent sans reconnaissance juridique claire. L’absence de sécurisation foncière pour les communautés locales constitue un facteur de vulnérabilité pour les projets carbone, indépendamment de leurs performances environnementales initiales.
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