Beni : une double contrainte empêche l’apprentissage des langues locales dans les écoles primaires (Dossier)

La théorie de deux poids deux mesures est celle que subit l’apprentissage de la langue locale dans l’enseignement primaire en ville de Beni, province du Nord-Kivu à l’est de la RDC. D’une part, le défis est prédéfini dans le programme national lui-même qui met en place le caractère de la dominance ethnique et de l’autre de la pratique à l’école qui interdit de s’exprimer en une autre langue à part le français ou l’anglais.

D’après Kasereka Kimbwa, enseignant et père d’une famille de cinq (5) enfants, dont trois sont à l’école primaire, l’insertion de la langue locale dans le programme national d’enseignement primaire constitue un atout majeur pour transmettre les valeurs culturelles.

«Ici chez nous à Beni, par exemple, la langue locale qu’on a commencé à enseigner c’est le « Luyira », ça nous a réjoui pour un moment parce que cela a allégé la tâche habituelle et obligatoire d’envoyer nos enfants au village pour se familiariser de cette langue à côté des grands parent» fait-il savoir.

Cependant, cette mesure d’apprentissage des langues locales a connu un caractère facultatif et non obligatoire. Ainsi, il est possible que les écoles privées n’en tiennent pas compte au même titre que les écoles publiques ou encore, il paraît difficile aux entités cosmopolites hétéro ethniques d’en tenir compte comme des entités à forte densité mono ethnique.

La langue locale est laissée aux oubliettes en République Démocratique du Congo, les langues d’enseignement sont bien connues (le français). Et elles ont ajouté une valeur ajoutée et discriminatoire aux utilisateurs. Celui qui parle français par exemple, est reconnu comme un évolué, un développé. Différent de celui qui s’exprime en langue locale ou maternelle.

En mettant une distance entre l’enfant et sa langue locale, on le force à vivre comme le blanc, on inculque les valeurs culturelles de cette langue dans laquelle on l’enseigne au détriment de sa propre culture.C’est ainsi que nombreux enfants deviennent acculturés à l’âge scolaire.

La langue locale à l’école, figure parmi les interdits scolaires. C’est un paradoxe de trouver un enfant qui s’exprime bien à l’écrit comme à l’oral par une langue étrangère que sa langue locale.Le français comme langue d’enseignement bloque l’enfant à développer ses capacités intellectuelles.

Au cours d’une étude sur l’importance de la langue maternelle dans un processus d’enseignement apprentissage chez les enfants, menée en Côte d’ Ivoire, le chercheur Seka Yapi Arsène Th. (Ecole Normale Supérieure d’Abidjan (Côte-d’Ivoire), département des Sciences de l’Education 08 BP 10 Abidjan 08) a démontré à quelle mesure le français, d’enseignement semble pour les enfants défavorisés, la cause de leurs difficultés.

Les résultats de cette étude révèlent, qu’il existe un lien entre l’usage de la langue maternelle et le développement des compétences scolaires chez l’apprenant. L’analyse montre que l’enseignement dans la langue de l’enfant renforce le lien entre sa culture et l’école. Également, il développe outre mesure, des compétences dans bien des domaines tels que les mathématiques et le français langue étrangère.

Et en conclusion, cette étude a été terminée par une métaphore selon laquelle, la langue maternelle est pour la culture des individus, ce qu’est le cerveau pour la vie humaine.

Peace Olivier.

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