Dans la République Démocratique du Congo (RDC), la musique semble avoir perdu son essence véritable. Autrefois reconnue comme l’art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille, la musique en RDC est aujourd’hui jugée sur la base du nombre de personnes qu’elle attire dans des concerts – une mesure de succès qui est dénuée de tout sens artistique.
Reconnue pour sa richesse musicale, avec des icônes comme Tabu Ley et Koffi Olomide, la RDC fait face à une redéfinition alarmante de ce qu’est la « bonne musique ». Le public congolais semble plus intéressé par l’affluence des concerts plutôt que par la qualité artistique de la musique produite.
L’arrivée des plateformes de streaming, notamment YouTube, pourrait en être la cause. Les artistes congolais se battent pour obtenir le plus de « vues », et celui qui a le plus d’écoutes est considéré comme le meilleur musicien. C’est une guerre qui semble ignorer le véritable sens de la musique.
Le « plein » est devenu l’unité de mesure d’un bon artiste et de la bonne musique en RDC. Cependant, cette vision est mal orientée. Le succès d’un musicien ne devrait pas se mesurer à sa capacité à attirer les foules, mais plutôt à la qualité de sa musique.
Cette approche erronée de la musique a éclipsé de nombreux artistes talentueux de la RDC tels que Lokwa Kanza et Reddy Amisi, dont la musique continue d’être un instrument éducatif, mais qui ne sont pas approuvés par les mélomanes dans cette nouvelle interprétation de la musique.
En conclusion, il est temps de reconsidérer notre vision de la musique en RDC. Le vrai succès d’un artiste ne devrait pas être mesuré par le nombre de personnes qu’il attire, mais par la qualité et l’impact de sa musique.
Henock Bituatua