Le samedi 28 mars 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est rendu en inspection au port de l’Office national des transports (ONATRA) à Bandundu‑ville, dans la province du Kwilu. Accompagné du vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean‑Pierre Bemba, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et des autorités locales, le chef de l’État a voulu constater sur le terrain l’état de cette infrastructure stratégique et s’imprégner de la réalité du transport fluvial dans cette région. Cette visite illustre la volonté des autorités congolaises de redynamiser les infrastructures de transport, considérées comme essentielles au désenclavement des provinces et à la croissance économique nationale.
La République démocratique du Congo, vaste territoire traversé par l’un des réseaux fluviaux les plus étendus au monde, compte plus de 16 000 km de voies navigables. Le fleuve Congo et ses affluents constituent un axe de transport majeur, particulièrement dans les régions où les routes asphaltées font défaut. Le port de Bandundu‑ville, géré par ONATRA, est ainsi un maillon clé du transport fluvial, reliant l’intérieur du pays aux grands axes commerciaux et jouant un rôle central dans le transport de marchandises, de passagers et de produits agricoles. Historiquement, cette infrastructure a soutenu le commerce et le développement régional, mais elle a souffert de décennies de sous-investissement et de maintenance insuffisante, limitant son potentiel économique.
Lors de cette descente sur le terrain, le président Tshisekedi a pu évaluer directement l’état des quais, des bâtiments et des équipements logistiques du port, ce qui permettra de prioriser les travaux de réhabilitation. L’amélioration des quais de chargement, la modernisation des systèmes de manutention et la mise en conformité des installations avec les standards internationaux sont autant de chantiers envisagés pour redonner au port toute son efficacité. Relancer le transport fluvial représente aussi un levier économique majeur : les voies navigables constituent un mode de transport moins coûteux que les routes pour les marchandises lourdes ou volumineuses, et leur optimisation peut réduire les coûts logistiques tout en facilitant l’accès des produits aux marchés nationaux et régionaux.
Améliorer la connectivité des provinces par les voies fluviales permettrait non seulement de stimuler les échanges interprovinciaux, mais aussi de renforcer le développement local et régional. La RDC, malgré ses richesses naturelles, reste confrontée à un secteur des transports fragmenté : le réseau routier national est limité, avec moins de 3 000 km de routes pavées sur plus de 152 000 km, rendant difficile le transport de biens et de personnes. Dans ce contexte, le renforcement des ports et du transport fluvial offre une alternative crédible et durable. Les voies navigables sont encore sous-exploitées, en partie à cause de l’état dégradé des infrastructures et des limitations opérationnelles de la flotte, ainsi que de la gestion parfois inefficace des entreprises publiques comme ONATRA. Pour libérer pleinement le potentiel des transports fluviaux, la modernisation des infrastructures doit s’accompagner de réformes institutionnelles et d’un renforcement des capacités de gestion, favorisant l’investissement, l’efficacité et l’entretien durable des installations.
La visite du président Tshisekedi au port de Bandundu‑ville n’est donc pas un simple acte symbolique. Elle reflète une ambition claire : faire des infrastructures fluviales un moteur de développement économique et social, capable de désenclaver les provinces et de stimuler la croissance nationale. Les projets de réhabilitation et de modernisation en cours ouvrent la voie à une mobilité fluviale plus efficace, qui pourrait réduire les coûts logistiques, améliorer l’accès aux marchés et renforcer les échanges régionaux. Dans les années à venir, le port de Bandundu‑ville et d’autres infrastructures fluviales stratégiques pourraient devenir de véritables piliers de développement durable et d’inclusion économique, incarnant l’espoir d’une nouvelle ère de prospérité pour la RDC.
Par kilalopress