La semaine dernière, un vent de polémique a soufflé sur le secteur de la pêche en République Démocratique du Congo (RDC). Selon une dépêche du 3 août 2024, le directeur général de l’Office National de Pêche et d’Aquaculture (ONPA), Bohi Épicure, a dû rétablir la vérité sur une controverse grandissante. Les accusations circulant sur les réseaux sociaux prétendent que le ministre de la Pêche et Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Buana, aurait créé une structure concurrente à l’ONPA.
Cette assertion a non seulement enflammé les débats mais aussi jeté une ombre sur la légitimité du ministre. Décryptons cette situation complexe pour comprendre les véritables enjeux et les répercussions potentielles sur la gouvernance du secteur.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Pêche et de l’Élevage il y a un peu plus d’un mois, Jean-Pierre Tshimanga Buana a été au cœur d’une tempête médiatique. Les rumeurs prétendent que le ministre aurait tenté de contourner l’ONPA en établissant une nouvelle entité, le Service National de Développement de la Pêche et de l’Aquaculture (SENADEPA). Cependant, Bohi Épicure, directeur général de l’ONPA, a vigoureusement contesté ces allégations dans une déclaration officielle.
Selon M. Épicure, le SENADEPA n’est autre que l’héritier d’une initiative lancée par l’ancien ministre Paluku Kisaka Yereyere par un arrêté ministériel de 2018. Loin d’être une concurrente à l’ONPA, cette structure aurait été établie bien avant l’arrivée de Tshimanga Buana et a été conçue dans un contexte politique et administratif différent. Le ministre Tshimanga Buana, selon Épicure, ne fait que continuer le travail initié par ses prédécesseurs sans créer de doublons.
Cette mise au point est cruciale car elle expose une tentative de déstabilisation par des forces politiques ou économiques cherchant à faire échouer les efforts du ministre actuel. La controverse soulève des questions sur la manipulation de l’information et la manière dont la politique peut interférer dans les institutions publiques.
Le rôle du SENADEPA et de l’ONPA semble également flou aux yeux du public et des observateurs. Tandis que l’ONPA, créé il y a deux ans, est un établissement public censé superviser l’ensemble des activités liées à la pêche et à l’aquaculture, le SENADEPA est présenté comme un service complémentaire. Cette ambiguïté a alimenté les rumeurs et la confusion parmi les acteurs du secteur.
Le cabinet du ministre Tshimanga Buana a réagi en mettant en garde les propagateurs de ces fausses informations et en affirmant sa volonté de prendre des mesures légales contre les responsables de cette désinformation. Une telle réaction est non seulement une défense nécessaire contre les attaques infondées mais aussi un avertissement pour ceux qui manipulent les informations à des fins politiques.
L’affaire des structures concurrentes dans le secteur de la pêche en RDC illustre une fois de plus les défis auxquels sont confrontées les institutions publiques dans un environnement politique tumultueux. La vérité éclaire une manipulation sophistiquée visant à ébranler la confiance dans la gestion des ressources maritimes du pays. Cette situation met en exergue l’importance de la transparence et de la rigueur dans la communication publique, particulièrement dans des contextes aussi sensibles que la gestion des ressources naturelles.
Il est est temps que les acteurs politiques et administratifs garantissent une communication claire et honnête pour éviter que la confusion et la désinformation ne prennent le pas sur des réformes essentielles. Les citoyens doivent rester vigilants face aux informations diffusées et encourager un débat fondé sur des faits vérifiés plutôt que sur des rumeurs malveillantes.
La Rédaction