Dans un contexte où la gouvernance des ressources hydriques reste un angle sensible des politiques publiques en République démocratique du Congo, une initiative parlementaire attire l’attention sur les lenteurs institutionnelles qui entourent la régulation du service de l’eau. À travers une démarche formelle, le député national Daniel Furaha Uma, élu de la circonscription de Mahagi, dans la province de l’Ituri, a saisi le gouvernement d’une question écrite portant sur un dossier jugé stratégique par plusieurs observateurs du secteur.
D’après une correspondance officielle référencée n°AN/DN/EM/ITURI/FUD/05/03.26 et datée du 18 mars 2026, dont des copies ont circulé dans certains cercles médiatiques, l’élu interpelle le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, au sujet du retard observé dans la mise en place des animateurs du Conseil d’administration ainsi que des organes dirigeants de l’Autorité de régulation du service public de l’eau (ARSPE).
À en croire le contenu de cette lettre, cette démarche s’inscrirait dans le cadre des prérogatives constitutionnelles reconnues aux députés nationaux en matière de contrôle de l’action gouvernementale. Le parlementaire invoque, selon les éléments consultés, les dispositions des articles 110 et 138 de la Constitution, ainsi que celles des articles 189 et 190 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui encadrent notamment les mécanismes de redevabilité des membres de l’exécutif.
Sur le fond, cette interpellation met en lumière une préoccupation plus large liée à l’opérationnalisation effective des institutions de régulation dans le secteur de l’eau, un domaine souvent considéré comme déterminant pour les équilibres sanitaires, sociaux et environnementaux du pays. Plusieurs analyses convergentes estiment en effet que l’absence ou le retard dans la mise en place d’organes de gouvernance peut fragiliser la régulation du service public, notamment dans un contexte marqué par des défis persistants d’accès à l’eau potable dans de nombreuses régions, y compris en Ituri.
Sans avancer de conclusions hâtives, certains acteurs du secteur confient que la fonctionnalité de l’Autorité de régulation du service public de l’eau pourrait constituer un levier structurant pour améliorer la transparence, la qualité du service et la gestion durable des ressources hydriques. Dans cette perspective, l’initiative parlementaire de Daniel Furaha Uma apparaît, pour plusieurs observateurs, comme une illustration du rôle de vigilance que peut jouer la représentation nationale dans le suivi des politiques publiques.
Reste à savoir, à ce stade, quelle suite sera réservée à cette question écrite par le membre du gouvernement concerné, et dans quels délais des clarifications pourraient être apportées sur l’état d’avancement de la mise en place des organes de l’ARSPE. Dans un secteur aussi stratégique que celui de l’eau, où les enjeux environnementaux se conjuguent aux impératifs sociaux, la temporalité des décisions institutionnelles continue de susciter une attention particulière.
Par kilalopress