Goma, 25 mai 2024 – Le tribunal de grande instance de Goma a été le théâtre d’une bataille épique contre le trafic illégal d’espèces sauvages. Le ministère public, bras armé de la loi, a émis un réquisitoire implacable, réclamant une sentence de 10 ans de servitude pénale principale à l’encontre de M. Al Katanty Djaffar et ses complices.
L’officier du ministère public, le magistrat Kansange Mazambi Socrate, a tonné dans la salle d’audience, exigeant également le paiement de 25 millions de francs congolais en dommages et intérêts. « En conséquence, je vous condamnerai, M. Al Katanty Djaffar, à 10 ans de servitude pénale principale, ainsi qu’à une amende de 25 millions de francs congolais », a déclaré le magistrat, ordonnant par la même occasion son arrestation immédiate.
Cette victoire judiciaire a été saluée par plusieurs acteurs engagés dans la défense de l’environnement et des droits de l’homme. L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACDH) s’est félicitée du réquisitoire, affirmant que cette affaire était emblématique de leur lutte pour la préservation de la nature.
Maître Éric Kambale, avocat de l’ACDH, a souligné l’importance de cette décision, déclarant : « Notre organisation prône la protection de l’environnement, et nous nous réjouissons que cette affaire ait été traitée avec la sévérité qu’elle mérite. »
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L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) a également exprimé sa satisfaction face à cette décision judiciaire, saluant le travail acharné des autorités pour mettre fin au trafic d’espèces sauvages dans la région.
Pourtant, la route vers la justice est semée d’embûches. Lors de l’audience, M. Al Katanty Djaffar a plaidé non coupable des accusations portées contre lui. Mais le président du tribunal de grande instance, le magistrat Georges Amisi, a clos le débat en promettant que la loi serait respectée et que la cause serait délibérée avec toute l’attention nécessaire.

Ce procès est le résultat d’une opération menée en mai 2022, lorsqu’un groupe de trafiquants a été appréhendé à la frontière congolo-ougandaise, tentant de faire passer en contrebande une cinquantaine de spécimens d’espèces sauvages. Depuis lors, la justice a agi avec détermination, et ces criminels de la nature seront bientôt confrontés à leur destin devant les tribunaux.
Dans une province où la faune et la flore sont souvent exploitées à des fins lucratives, cette décision marque un tournant crucial dans la lutte pour la préservation de l’environnement. Le Nord-Kivu, berceau de paysages naturels d’une beauté saisissante, mérite d’être protégé contre ceux qui cherchent à en exploiter les richesses pour leur propre gain.
Par Franck zongwe Lukama