Forêts : Lancement du projet « Appui à la Sécurisation des forêts et au Développement Local » pour renforcer la résilience des communautés de Mai-Ndombe

Inongo, 24 septembre 2025 – La province de Mai-Ndombe a vécu un moment fort avec le lancement officiel du projet « Appui à la Sécurisation et au Développement Local » (ASFD). Porté par l’ONG Actions pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés (APEM), et financé par Rainforest Trust avec l’appui technique de Rainforest Foundation UK (RFUK), ce programme de quatre ans ambitionne de remettre les clés de la gestion forestière entre les mains des communautés locales.

Ouvrant la cérémonie, Son Excellence le Gouverneur de la province, Nkoso Kevani Leban, a rappelé l’urgence :

« À l’heure où les effets des changements climatiques se font sentir dans le monde et particulièrement dans la province de Mai-Ndombe, il est urgent que tous les acteurs contribuent pour freiner la destruction de l’environnement et l’exploitation abusive des ressources naturelles. »

Le Gouverneur a salué un projet « en parfaite cohérence avec le Plan de Développement Local », soulignant que le Code forestier de 2002 permet désormais aux communautés d’obtenir gratuitement des concessions forestières, « une avancée majeure pour que les habitants gèrent durablement ce qui leur appartient traditionnellement ».

Prenant la parole, Maître Blaise Mudodosi, coordonnateur national d’APEM, a remercié les partenaires et a insisté sur l’enjeu :

« Il est inconcevable qu’un pays qui détient plus de 60 % du deuxième massif forestier tropical du monde voie sa population vivre en dessous du seuil de pauvreté. Le projet ASFD veut renverser cette tendance en donnant aux communautés les outils pour sécuriser leurs forêts et transformer les richesses naturelles en ressources pour améliorer leurs conditions de vie. » Il a appelé toutes les parties prenantes – autorités, société civile, chefs coutumiers – « à une vision patriotique et collaborative » pour que la foresterie communautaire devienne un véritable levier de développement.

À son tour, George Tchatchambe, coordonnateur national de RFUK, a rappelé plus de vingt ans d’engagement auprès des communautés forestières du Congo :

« De la cartographie participative en 2006 jusqu’à l’adoption de la Stratégie Nationale de Foresterie Communautaire, nous avons œuvré pour que les droits coutumiers soient reconnus et respectés. Avec APEM et nos partenaires, nous poursuivons cet objectif en accompagnant 13 communautés du territoire d’Oshwe à sécuriser leurs concessions forestières et à accroître leur résilience. »

Présent dans la salle, M. Jean-Paulin MASUAKU , conseiller du gouverneur en matière de développement communautaire et coordonnateur de l’Agence provinciale pour le développement de l’agriculture et de l’élevage, s’est dit encouragé :

« Nous sommes vraiment très contents parce qu’il y a presque neuf ans, les activités de cartographie et de gouvernance forestière avaient démarré dans la province de Mai-Ndombe, dont j’étais coordonnateur pour le compte de CADEM. Mais les communautés, jusque-là, éprouvent encore beaucoup de difficultés dans la gestion de leurs terres traditionnelles. Des initiatives comme celle-ci apportent la lumière et permettent à la communauté de s’approprier effectivement ses terres et de les gérer durablement. »

Ce lancement marque le début d’une collaboration étroite entre autorités, partenaires techniques et populations, pour que la forêt de Mai-Ndombe devienne un modèle de conservation communautaire et de prospérité partagée. Le projet s’étendra sur quatre ans, de 2025 à 2028, dans le secteur de Kangara, territoire d’Oshwe, un corridor écologique situé entre le Parc national de la Salonga, le Domaine de chasse d’Oshwe et la réserve de Mangai. Treize communautés locales bénéficieront directement d’un accompagnement pour obtenir leurs Concessions forestières des communautés locales (CFCL), établir des mécanismes solides de gouvernance et recevoir des formations sur la gestion durable des ressources halieutiques, fauniques et agricoles. Des activités économiques autour des produits forestiers non ligneux viendront renforcer leurs moyens de subsistance, tout en protégeant la biodiversité et les sources d’eau. En plaçant les habitants au cœur de la gouvernance, APEM et ses partenaires démontrent que la préservation de la biodiversité et l’amélioration des conditions de vie vont de pair. Comme l’a résumé le Gouverneur Nkoso Kevani Leban :

« Ensemble, protégeons les écosystèmes forestiers de Mai-Ndombe et luttons pour un développement local fondé sur la sécurisation et la gestion durable de nos forêts. »

Par kilalopress

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