Le 30 juillet 2024, les résultats d’une enquête sur la viande de brousse, menée par le WWF-RDC, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC et le Helmholtz Institute for One Health (HIOH) d’Allemagne, ont été dévoilés à Kinshasa.
Cette étude a révélé la présence inquiétante de pathogènes zoonotiques dans les échantillons de viande de brousse, mettant en lumière des risques potentiels pour la santé publique et la biodiversité.
Les analyses ont mis en évidence plusieurs pathogènes préoccupants dans la viande de brousse, principalement dans des territoires proches du Parc National de la Salonga et dans les villes de Kikwit et Kinshasa :
- Virus PTLV : Ce rétrovirus, détecté dans des primates, est connu pour ses effets pathogènes potentiels sur les humains. Il peut entraîner des maladies graves et constitue un risque sanitaire important, surtout dans les zones où les primates sont chassés pour la consommation.
- Virus Taterapox : Détecté dans 0.15% des échantillons, ce virus appartient au genre des orthopoxvirus, qui inclut également des agents pathogènes comme le virus de la variole du singe. Bien que rare, sa présence indique un risque potentiel pour les populations humaines, surtout dans les zones de commerce intensif de viande de brousse.
- Bacillus Cereus Biovar. Anthracis (BCBVA) : Responsable de l’anthrax, cette bactérie a été identifiée dans des échantillons provenant de marchés ruraux. L’anthrax est une maladie grave qui peut être transmise à l’homme par la viande contaminée, représentant ainsi un danger sanitaire majeur.
Ces découvertes soulèvent des préoccupations significatives pour la santé publique. La présence de pathogènes zoonotiques dans la viande de brousse indique un risque accru de transmission de maladies infectieuses aux populations humaines. Cela pourrait entraîner une augmentation des cas de maladies zoonotiques, avec des implications pour les systèmes de santé locaux qui pourraient ne pas être suffisamment préparés pour gérer une telle situation.
La détection de ces pathogènes souligne également un danger potentiel pour la biodiversité. La chasse intensive et le commerce de viande de brousse pourraient perturber les écosystèmes locaux et exacerber la propagation de ces pathogènes parmi les populations animales sauvages.Le rapport complet peut être consulté sous ce lien https://www.wwfdrc.org/actualites/publications/?49362/Risques-de-zoonoses-viande-de-brousse-Paysage-de-la-Salonga
Face à ces résultats préoccupants, il est crucial que des mesures adéquates soient mises en place pour protéger la santé publique et la biodiversité. Les recommandations de l’enquête soulignent la nécessité d’une vigilance accrue, d’une meilleure sensibilisation des communautés, et de politiques plus strictes pour réguler le commerce de viande de brousse. Les efforts conjoints du WWF-RDC, de l’INRB et du HIOH seront essentiels pour adresser ces défis de manière efficace et durable.
La Rédaction