Inongo : la province du Mai-Ndombe contribue à l’élaboration du Document de la Politique Forestière Nationale (D-PFN)

À Inongo, chef-lieu de la province du Mai-Ndombe, les discussions se sont ouvertes dans une atmosphère studieuse, loin des effets d’annonce, autour d’un document stratégique dont les implications dépassent largement le cadre provincial.

Les 22 et 23 janvier 2026, une vingtaine de représentants d’organisations de la société civile environnementale, ainsi que des cadres des services publics, privés et chercheurs, ont été réunis dans le cadre d’une consultation provinciale consacrée à l’élaboration du Document de la Politique Porestière nationale (D-PFN) de la République démocratique du Congo.

Selon les organisateurs (GTCRR-CODELT), l’objectif de ces deux journées était de recueillir, au niveau provincial, des contributions destinées à enrichir les axes stratégiques et orientations du Draft du D-PFN, dont l’ambition affichée reste la gestion durable des forêts afin de contribuer à l’équilibre écologique et à la conservation de la biodiversité. La rencontre s’inscrit dans un processus plus large de consultations couvrant 11 provinces sur les 26 que compte le pays, dans un contexte où la forêt congolaise demeure au cœur des débats nationaux et internationaux sur le climat.

À l’ouverture des travaux, il a été rappelé que la politique forestière constitue, d’après plusieurs analyses sectorielles, l’un des socles du développement national. Le consultant du Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCRR), Me Blaise Mudodosi, Coordonnateur de l’ONG APEM a ainsi souligné la responsabilité particulière confiée aux experts conviés à ces échanges, appelés à apporter une expertise technique susceptible d’influencer substantiellement le contenu final du document en cours de révision. Dans la même veine, il a insisté sur la nécessité de produire un texte « qui reflète réellement les besoins et les attentes des populations en lien avec les forêts », appelant à une politique capable de soutenir le développement du pays tout en tenant compte des réalités locales.

Du côté de l’administration provinciale, le coordonnateur provincial de l’environnement du Mai-Ndombe a estimé que ces travaux pourraient contribuer à formuler des réponses aux causes de la déforestation et de la dégradation forestière, des phénomènes qui, selon de nombreux observateurs, affectent aujourd’hui aussi bien les écosystèmes locaux que les équilibres climatiques globaux. Il a rappelé, à cette occasion, que le gouvernement de la RDC a engagé plusieurs réformes dans divers secteurs, dont le secteur forestier, en raison du rôle stratégique des forêts dans la lutte contre le changement climatique.

Concrètement, les travaux d’Inongo ont pris la forme de séances plénières et de travaux de groupes. Chaque expert représentant la province concernée a été invité à formuler des propositions d’amendement du projet du D-PFN. D’après les modalités présentées, l’ensemble des contributions recueillies au niveau provincial doit être transmis à l’échelon central, en vue de leur intégration éventuelle dans le document final avant sa publication et sa mise en œuvre.

Prenant la parole au cours des échanges, Me Blaise Mudodosi a, pour sa part, insisté sur la portée concrète attendue du processus en cours. Selon lui, le document final devra « réellement refléter les besoins et les attentes des populations en lien avec les forêts », rappelant que la politique forestière ne saurait rester un cadre théorique détaché des réalités sociales et économiques des territoires. C’est qui qui orientientera la suite, à savoir, la révision imminente du code forestier et l’élaboration du plan forestier national À ses yeux, la gestion des ressources forestières doit impérativement contribuer au développement du pays, tout en tenant compte des usages locaux, des droits des communautés et des équilibres écologiques.

Ces consultations provinciales, financées par l’European Forest Institute (EFI) et pilotées par le GTCRR en collaboration avec le CODELT, se sont officiellement ouvertes le jeudi 22 janvier 2026 et se sont clôturées le 23 janvier 2026, une échéance présentée comme une étape intermédiaire dans un processus plus long. À en croire certaines sources impliquées, l’enjeu réside désormais dans la capacité des instances nationales à traduire ces apports provinciaux en orientations opérationnelles, dans un pays où la pression sur les forêts reste forte et où les attentes des communautés riveraines demeurent élevées. Sans préjuger des arbitrages à venir, ces travaux illustrent, selon des acteurs du secteur, la volonté affichée d’associer davantage les provinces aux réformes du secteur forestier. Reste à observer comment ces contributions locales, issues d’un territoire emblématique des enjeux forestiers et hydrologiques du bassin du Congo, seront prises en compte dans la version finale de la Politique forestière nationale, appelée à orienter pour les années à venir la gouvernance des forêts en République démocratique du Congo.

Par kilalopress

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