Grève des pétroliers à Goma : quand le carburant impact sur la vie d’une ville entière

Toutes les stations services de la ville de Goma, sont fermées depuis vendredi 20 octobre 2023. Samedi dernier, on pouvait voir des fils d’attente des véhicules pour s’approvisionner en carburant.

Les commerçants du secteur pétrolier en province sont en grève pour dénoncer des conditions insuportables qui envahissent leur secteur, depuis le regain de l’ ‘instabilité sécuritaire qui met à genoux la partie orientale du pays.

La revente carburant devient metier difficile. Rareté de carburant s’invite à spéculation des prix (Photo Flavien M.)

De nos jours, confie Providence Muhiga, Président Provincial de l’Association de Pétroliers du Nord-Kivu (APENOKI), ses pairs et lui observent, impuissement à une augmentation du prix de carburant à plus de 30% sur le marché intetnational. Il déclare en même temps, qu’au delà de ce facteur, la stabilité du taux de change joue aussi sur le prix du litre à la pompe. C’est pour pousser les autorités à trouver solution à cette situation que les vendeurs de cet inflammable se sont décidé de sécher les activités jusqu’à nouvel ordre.

« Depuis un certain temps, nous réclamons une nouvelle structure des prix. Il y a des paramètres pour que notre métier soit exercé sans difficultés: lorsqu’il y a changement, automatiquement la commission en charge de la structure des prix des produits pétroliers doit se réunir pour changer les prix. Ces paramètres sont le prix d’achat sur le marché international et le taux d’échange. Avec les événements que le monde est en train de traverser, le prix ont été majorés de plus de 30 % et donc, un opérateur économique fait le commerce parce-qu’il espère avoir du bénéfice et quand il n’a pas de bénéfice, à ce moment-là ça ne sert à rien qu’il continue à faire le commerce. On ne peut pas continuer comme ça et ça devient difficile de renouveler le stock » a déclaré Providence Muhiga, président de l’APENOKI.

Le coup dur de cette indignation des entrepreneurs dans le secteur pétrolier se repercute sur les secteurs qui dépendent directement du prix du litre à la pompe. C’est par exemple dans le secteur du transport en commun ou les conducteurs des véhicules disent être surpris qu’au bout de deux jours seulement, les choses se soient ainsi empirées.

Au deuxième jour de cette grève, samedi 21 octobre, la ville est restée quasi-déserte. Des véhicules pour le transport en commun n’ont pas été visibles. Seuls certains particuliers sont visibles avec leur engins sur les artères.

À Goma, les motards sont de plus résilient dans la grève de pétroliers. Ils endurent malgré tout (Photo Flavien M)

Dans les rues de la capitale tourristique, l’impact de l’absence de carburant se fait sentir à travers le faible afflux de personnes qui vont et viennent, en direction de leur entreprise, dont les matières premières sont rendues disponible grâce à un transport qui fait usage de carburant. Pour tout remettre en ordre, le Président Muhiga, de l’APENOKI exige au gouvernement congolais une nouvelle structure des prix des produits pétroliers

« Voilà pourquoi, on dit à l’autorité de veiller soit toucher sur la fiscalité soit diminuer les taxes pour que les prix restent maintenus ou alors prendre carrément la décision de majorer les prix. Nous sommes en contact avec les autorités de Kinshasa et la question a été discutée à la réunion du Conseil des ministres et nous pensons d’ici là, on pourra avoir une solution »dit-il.

Sur le terrain, la vente à la pompe a cedé la place aux petites ventes de carburant dans les bouteilles en plastique. Chez les revendeurs détaillant, la spéculation de prix règne en maitre, le prix change selon qu’il fait jour ou nuit, selon qu’un jour d’incertitude s’ajoute ou que la rumeur sur la rupture de stock se répand. De même que les prix de ce jus indispensable au transport galopent, de même le prix de la course à moto ou à bord d’un taxi grimpe follement. Tout le monde veut bref sauver sa peau dans cette nouvelle crise.

Flavien MUHIMA.

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