Les associations communautaires (Mutualités, groupes, de relais communautaires et des volontaires) de la ville de Beni au nord Kivu, réfléchissent pour répondre de leur manière au besoin en eau, qui se fait toujours sentir en ville.
Elles unissent leurs efforts, idées et font des caisses communes pour ériger des sources d’eau potable.Cela constitue une réponse primaire en aval pour donner un accès à l’eau gratuitement aux habitants qui ne bénéficient pas encore du réseau de distribution d’eau de la REGIDESO Beni.
Ce constat est fait sur l’étendue de la ville à Mai 2023, une période pendant laquelle la ville connait une flambée démographique influencée par les déplacements pendulaires des populations qui fuient les tueries orchestrées par les individus armés qui ont fait plusieurs dégâts humains et matériels.
La ville de Beni en province du Nord-Kivu compte 156 cellules, trente quartiers regroupés dans quatre communes. Sous l’impulsion de l’insécurité vécue dans la région, causée par l’activisme des groupes armés, les quartiers périphériques de la ville ont accueilli des nombreuses personnes fuyant les violences armées.
Sous cette pression démographique, l’eau potable est vite devenue une denrée rare.Pendant la saison sèche comme pluvieuse, les femmes et enfants se débrouillent pour accéder à l’eau qui joue un rôle important dans l’hygiène des ménages.
Pourtant, les conditions de s’en approvisionner constituent un véritable casse-tête. Pour la boisson, la cuisine ou les travaux ménagers, les femmes et les filles puisent de l’eau dans des puits ou la collectent à même les ruisseaux.
Madame Helène Tasiviwe, d’une trentaine d’année révolu, retrouvée dans sa parcelle en cellule Muyala au quartier Ngongolio parle du par cours de combattant pour accéder à cette denrée.
« lorsqu’il fallait chercher de l’eau à boire, elle accompagnait sa mère qui se réveillait vers trois heures du matin et elles rencontraient beaucoup de gens alignés pour attendre chacun son tour à puiser de l’eau dans son récipient », témoigne-t-elle, se référant à la période d’avant 2006.
Cependant, au cours de la première législature de 2006, la ville de Beni a témoigné de la présence des bornes fontaines construites par l’organisation non gouvernementale solidarité. Au cours de ce projet, environs cents bornes fontaines ont été construites pour rapprocher l’eau aux bénéficiaires mais aussi élargir le réseau de distribution d’eau.
Les hommes accompagnent les femmes à la recherche de l’eau.
Monsieur Kasereka Muhotholo d’une quarantaine d’année révolu et père de cinq enfants, habitant le quartier Ngongolio en cellule Kamaibo en témoigne.
« Nous comme époux, pendant la période la plus aride, nous étions obligés d’accompagner nos femmes à la source pour renforcer leur protection et lutter contre les violences sexuelles occasionnellement brusques ; en plus, nous nous organisions à aménager les sources d’eau à fin d’augmenter leur débit pour que les gens ne trainent pas à la source » déclare-t-il.
Et d’ajouter : « nous avons construit par nos propres fonds recueillis auprès des ménages, je cite par exemple la source d’eau érigée derrière l’institut Kabalaka, laquelle a soulagé tant soit peu le besoin en eau ».
Précisons que Kabala, se situe dans le quartier Ngongolio en commune de Mulekera en ville de Beni. Des telles initiatives ne sont pas vécues partout dans la ville. De pareil restent exceptionnel pour de grandes entités administratives. Par ailleurs, les habitants d’autres communes se sont inspirés de ce modèle, sans résoudre complètement le problème.
Du prix de l’eau et des initiatives entrepreneuriales dans le secteur.
L’eau reste une denrée la plus vitale pour l’homme. Dans la composition de sa matière physique, elle occupe au moins 75% de son poids. En conséquence, si cette eau est sale, le corps sera toujours faible ou malade. Ainsi, pour que la plupart aient accès à l’eau potable, la REGIDESO a fourni un bidon de 20 litres à 50Fc congolais à la borne fontaine avec une livraison en deux périodes, le matin et le soir. Cela été vécu les années avant l’avènement des massacres dans la région.
Le prix de ce bidon est passé de 50Fc à 100Fc pendant la période où les habitants vivent régulièrement le déplacement interne selon l’arrêté du maire de la ville de fin du mois d’avril 2023. Les consommateurs se sont plaints contre cette hausse et le service de l’économie qui gère le secteur de prix n’a pas eu d’arguments convainquant.
Le secteur privé comme confessionnel qui interviennent dans la distribution de l’eau, ont haussé aussi le prix de l’eau. Citons par exemple, à la source Kanyamukunyu, le prix du bidon de 20litres est aussi passé de 150Fc à 2000Fc à la source, et de 700Fc à 800Fc le bidon distribué à domicile sur le marché ambulatoire. Chacun tire le drap de son côté et la personne vulnérable redevient vulnérable davantage.
De l’industrialisation de l’eau : ce que les initiatives privés.
Quelques entreprises du secteur économique privé, offre de l’eau embouteillée. Nous pouvons en citer certaines, notamment Okapi Afya, Noblesse eau pure, Power 7, Amina et bien d’autres. Elles offrent un demi-litre d’eau à environ 1000Fc, ce qui stratifie déjà les consommateurs.
Le prix de l’eau ne favorise pas aux consommateurs, l’accès facile. La demande reste forte sur faible une livraison, ce n’est pas pour justifier la hausse du prix, plutôt pour montrer que la densité de la population a augmenté. Et c’est dans de ce sens que d’autres organisation humanitaires sont venus en appui après 2014 en essayant de construire certaines sources par des forages.
L’accessibilité à l’eau et ses conséquences chez la femme.
Du défi d’accès à l’eau potable
La corvée d’eau peut s’avérer dangereuse pour les femmes et les jeunes filles qui y sont astreintes.
“Des femmes qui allaient chercher l’eau se sont fait violer en rentrant tard. Le chef du quartier a conseillé à toutes les mamans de rentrer chez elles avant la tombée de la nuit. Mais ce n’est pas toujours évident“, explique Noella Kavugho, habitante de Mambango.
Durant la saison sèche comme pluvieuse, les attroupements se forment devant les quelques puits qui donnent encore de l’eau.
« L’eau est souvent la cause de tensions entre les communautés d’accueil et les familles déplacées car les sources aménagées ne répondent pas à une soudaine croissance de la demande », mais aussi, « les militaires ne tolèrent pas que la ligne soit respectée, ils viennent avec leurs armes pour intimider les civiles afin que leurs femmes aient accès vite à l’eau », a laissé entendre un habitant sous anonymat.
L’idée est d’aider les autorités à apporter de l’eau potable au plus grand nombre, ce qui contribuera à apaiser les tensions communautaires et diminuer les maladies d’origine hydrique. Sinon, le besoin persiste, des quartiers comme Nzuma, Ngadi Boikene et Paida, dans la commune de Ruwenzori, le quartier Rwangoma, Benengule, Mukulya et Biautu en commune de Beu présentent le même besoin, le quartier Ngongolio et Sayo dans la commune de Mulekera.
Peace Olivier.