RDC : La réhabilitation de 65 kilomètres de la Route nationale n°18 est lancée entre Petit-Kasaï, Bulungu et la mission de Vanga dans la province du Kwilu.

Le 9 février 2026, dans la province du Kwilu, les autorités ont procédé au lancement des travaux de réhabilitation d’un tronçon de 65 kilomètres de la Route nationale n°18 (RN18), reliant la localité de Petit-Kasaï à Bulungu, avec une variante en direction de la mission catholique de Vanga. L’intervention s’inscrit dans le cadre du programme sino-congolais, exécuté par la Société d’infrastructures sino-congolaise (SISC) et financé par la Sino-Congolaise des Mines (Sicomines).

Selon les informations communiquées par les structures impliquées, le chantier prévoit le renforcement de la chaussée, l’aménagement des fossés et des dispositifs de drainage, ainsi que la réparation et la consolidation des ouvrages de franchissement, notamment les ponts et passages d’eau. L’objectif affiché consiste à améliorer la praticabilité de cet axe en toute saison, dans une zone où les pluies récurrentes accentuent les phénomènes d’érosion et fragilisent les infrastructures routières.

Les travaux sont confiés à Sinohydro 14, sous-traitant de la SISC, et placés sous la supervision de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT). Leur lancement intervient plusieurs mois après une mission d’ingénieurs de l’ACGT effectuée en juin 2025 pour collecter des données techniques dans la région. À en croire des sources locales, cette descente sur terrain faisait suite à des alertes répétées concernant l’état avancé de dégradation de la route, notamment aux abords de Bulungu, où certaines portions menaçaient de devenir impraticables sous l’effet conjugué du ruissellement et de l’absence de drainage adapté.

D’après nos recoupements, les inquiétudes exprimées sur place ne relevaient pas uniquement du confort des usagers, mais touchaient à des enjeux plus structurels d’accessibilité aux services essentiels. L’isolement progressif de plusieurs villages compliquait l’acheminement vers les centres de santé et les établissements scolaires, dans un territoire déjà confronté à des contraintes logistiques persistantes.

En avril 2025, les élus de Bulungu avaient officiellement saisi l’Office des routes au sujet de la dégradation de certains segments, en particulier le tronçon Kimbulu – hôpital général de référence de Vanga, long de 5 kilomètres, situé dans le secteur Kilunda. Dans une correspondance signée par Serge Maseka Ndombe, vice-président de l’Assemblée provinciale du Kwilu, les députés provinciaux sollicitaient un appui financier et logistique pour l’entretien ou la réhabilitation de cette section. Ils soulignaient alors le caractère stratégique de cet axe pour l’accès des patients à l’hôpital ainsi que pour l’évacuation des produits agricoles.

Dans cette partie du Kwilu, la RN18 joue un rôle structurant. Elle assure la connexion entre la Route nationale n°1 (RN1) et plusieurs localités rurales enclavées, facilitant la circulation des personnes et des marchandises vers les centres urbains et les marchés régionaux. Selon des observateurs du secteur des transports, l’état de cette route conditionne directement les dynamiques économiques locales, notamment dans un territoire où l’agriculture demeure l’un des principaux leviers de subsistance.

Au-delà de l’infrastructure elle-même, la réhabilitation de ce tronçon interroge la capacité des projets routiers à intégrer durablement les contraintes environnementales locales. Les travaux annoncés sur les systèmes de drainage et les ouvrages de franchissement apparaissent, à ce stade, comme des éléments déterminants pour limiter l’érosion et prolonger la durée de vie de la chaussée. Reste à observer, dans les mois à venir, si l’exécution et la supervision du chantier permettront de répondre aux attentes exprimées par les communautés riveraines et les autorités provinciales. Dans un contexte où la mobilité demeure un facteur clé d’accès aux droits fondamentaux et au développement socio-économique, la remise en état de la RN18 dans le territoire de Bulungu pourrait, selon les projections officielles, contribuer à réduire l’isolement de plusieurs localités. Les effets réels sur les conditions de vie et sur la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques dépendront toutefois de la qualité des travaux engagés et de leur entretien à long terme.

Par kilalopress

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