Kinshasa, 9 août 2024 – Les organisations de la société civile se sont réunies pour analyser l’avenant numéro 5 au contrat SICOMINES. Ce document, signé le 14 mars 2024, est censé rectifier les déséquilibres d’une convention minière marquée par des décennies de controverses. Mais ce que les critiques dénoncent aujourd’hui ressemble plus à un simulacre de justice qu’à une véritable réforme.
Malgré des engagements impressionnants sur le papier – 7 milliards de dollars pour les infrastructures, une répartition capitalistique ajustée à 60% pour les Chinois et 40% pour la RDC dans SICOHYDRO, et un paiement de royalties de 1,2% – les critiques abondent. Le vieux adage dit : « Le diable est dans les détails », et ici, ces détails révèlent un désastre imminent.

Les organisations de la société civile mettent en lumière une vérité inacceptable : l’avenant ne compense pas les pertes colossales de plus de 10 milliards de dollars que l’État congolais a subies. Pire encore, aucun mécanisme de contrôle n’est prévu pour garantir que les 7 milliards promis pour les infrastructures ne se volatilisent pas dans des transactions opaques. La répartition des parts dans SICOMINES, où les Chinois détiennent une écrasante majorité de 68% contre 32% pour la RDC, est une insulte à la justice. Une fois de plus, la RDC semble se retrouver avec une part dérisoire des bénéfices générés par ses propres ressources.
L’avenant numéro 5 pourrait bien être perçu comme un énième coup de maître de manipulation. « Les promesses sont comme les confettis, elles tombent rapidement et se dispersent », observe un critique acerbe. Cette répartition injuste des parts et le déséquilibre flagrant dans la gestion de SICOHYDRO – un barrage dont la construction a été financée par les mines – soulignent une fois de plus le mépris des investisseurs étrangers pour les intérêts congolais.

La société civile exige des mesures fermes : une renégociation urgente des termes du contrat, une révision exhaustive pour garantir l’équité, et un audit impitoyable. Les appels à une action judiciaire contre les responsables des abus passés sont plus forts que jamais. En l’absence de réformes véritables, cet avenant ne sera rien de plus qu’une légitimation des pertes historiques et une nouvelle trahison de l’État congolais.
L’ultime question demeure : la RDC continuera-t-elle à accepter les miettes jetées par les puissants ou se lèvera-t-elle pour revendiquer ce qui lui est dû ? Alors que la société civile et le public exigent des réponses, il est important de se rappeler que « Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage ». Dans ce drame, le véritable enjeu est de savoir si la RDC acceptera d’être sacrifiée sur l’autel des intérêts étrangers ou si elle revendiquera un avenir juste et équitable.
Par Franck zongwe lukama