Goma, cette ville au pied du volcan Nyiragongo au Nord ; la capitale touristique de la République Démocratique du Congo est aussi paradoxalement exposée à une menace permanente du lac meromictique, qui assouvi sa soif, en même temps que ce lac peut produire une explosion de gaz, dont l’asphyxie ne peut épargner aucune vie.
Face à cette réalité contradictoire, les citoyens de cette ville ont su se construire une résilience, principalement les jeunes, grâce à l’innovation et à l’entrepreneuriat. Les jeunes filles ne sont pas en marge.
Le secteur digital, longtemps masculinisé, dans la région, connait peu à peu une intégration des jeunes filles, qui se battent entre compétences et défis pluridimensionnels pour survivre.
Un ordinateur pour une femme, le luxe est permis
Il y a quelques années d’ici, avoir un ordinateur pour un jeune, pire une jeune fille, n’était réservé qu’au seul luxe masculin. Le boom des nouvelles Technologies de l’Information et de la communication, depuis les années 2000 a révolutionné la progression du Genre.
À ces propos, il s’observe que pour finir ses études, tout étudiant dans le domaine digital, se veut d’avoir un Ordinateur, à la base. Cette exigence, a démystifié le rôle de l’ordinateur, passant d’un objet de luxe pour un outil qui facilite tout une carrière, nous ont onfiés des débutant en codes dans quelques institutions de la place.
Un vrai combat pour coder
Le travail d’un web développeur, de plus exigeants, semble ne pas donner assez de chance à la femme au même titre qu’à l’homme. Elles sont peu nombreuses dans les nids des programmeurs où les lignes de codes sont, au-delà d’un sujet de stress, une activité ludique, surtout lorsqu’elles ont maitrisé la malice et les multiples possibilités de poser un algorithme pour innover diverses situations de la vie. L’algorithme, affirme-t-on se matérialise dans les applications mobiles et des logiciels qui rendent aujourd’hui la vie facile en un clic.
Cette tâche, qui exige à la fois concentration et astuce, parait une activité quasiment réservée aux seuls surdoués, au risque de faire une maladie mentale, nous ont affirmé quelques jeunes débutant dans l’option Informatique de l’Université Lumière de Bujumbura, qui a l’une de ses succursales dans la ville de Goma.
Elles s’exposent
Lucien Azmayawa, 30 ans, jeune influenceur de entrepreneur dans le domaine digital grâce à la “Goma Digital académy”, intervenant à la récente Brainwash, l’équivalent littéral en anglais de Lavage de Cerveau, organisé le 28 juillet par un groupe de jeunes filles entrepreneures a affirmé que la femme entrepreneure, comme la femme qui ose dans le domaine digital, reste fragile face aux considération sociales, pour ses richesses intellectuelles, materielles et financières, faisant d’elle une victime d’exclusion.
Entretemps, 42 pourcent des tissus économiques serait géré par les femmes en RDC selon les estimations. Cela s’observe à travers les activités quotidiennes où la femme dépense, non seulement pour « aujourd’hui », mais aussi pour le futur. La charge des enfants lui incombe à 80%, poursuivent-elles, ce qui ne lui permet pas de se déployer entièrement à une activité aussi imposante et exigeante qu’est la programmation.
Un témoignage qui parle
Information manager, infographiste, community manager and reporting, Ancilla NSIMIRE a près de trente ans, elle s’est tracé, dans la douleur et l’abnégation une voie pour s’asseoir dans le domaine digital, d’où elle se fait appeler coach.
Jeune de l’un des quartiers Modestes de Goma, Mabanga-Nord, elle pense que dans le secteur digital, particulièrement la programmation, la femme ne prend pas ce secteur d’activité avec grande considération, étant donné que c’est un secteur qui parait un peu difficile.
La contribution des femmes dans le domaine de la programmation est importante, elles peuvent apporter une expérience différente, et une diversité, la participation des femmes va permettre d’avoir une diversité et une innovation dans le développement des logiciels qui prennent en compte les différentes considérations sociétales.
Une place de choix dans les nids
Pour Ingénieure Ancilla, une touche féminine dans les lignes des codes, permet de créer une innovation dont l’humanité a besoin
La présence de la femme dans la programmation, poursuit-elle, permet une inclusion surtout à former une nouvelle génération. A l’en croire, si les femmes se donnent beaucoup, elles permettent d’avoir de nouvelles solutions d’une nouvelle manière. La collaboration et la communication, attendent beaucoup dans le développement des logiciels innovants conclut-elle.
Flavien MUHIMA