À Lisala, la distribution des équipements laissés par le projet PIREDD dans la province de la Mongala reste bloquée, alimentant interrogations et critiques parmi les acteurs locaux. Selon la lettre transmise au ministère de la Justice par l’ONG Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS), ces biens, censés soutenir les services provinciaux dans la poursuite des activités environnementales, ne seraient pas parvenus à leurs destinataires légitimes.
Le projet PIREDD, conduit par l’agence belge de développement ENABEL, avait prévu de remettre, à la fin de son intervention, des outils et matériels aux structures identifiées comme prioritaires pour assurer la continuité de ses initiatives. Une liste officielle avait été établie pour éviter tout détournement. ENABEL a quitté la province le 26 juin 2024, en confiant la responsabilité de ces biens aux collaborateurs du gouverneur, avec pour instruction de les distribuer dès le retour de ce dernier.
Or, selon l’AJBS, plusieurs mois après le retour du gouverneur, la distribution n’a toujours pas eu lieu. La lettre évoque l’utilisation de certains équipements par des proches de l’autorité provinciale, étrangers aux services destinataires. Si cette information se confirme, elle soulève des questions sur la gouvernance locale et la transparence dans la gestion des ressources publiques et partenaires.
L’AJBS met également en avant un blocage financier : l’absence de procès-verbaux de distribution a conduit le FONAREDD à retenir 500 000 dollars prévus pour la construction de deux bâtiments de coordination provinciale de l’environnement à Lisala. Cette décision pourrait retarder, voire compromettre, l’infrastructure essentielle au suivi et à la coordination des activités environnementales dans la province.

Certains observateurs locaux restent prudents : il est possible que des retards administratifs ou des lacunes dans la documentation expliquent cette situation, et non un détournement intentionnel. Néanmoins, le manque de clarté entretient une perception de favoritisme et de mauvaise gestion, et pourrait avoir des conséquences durables sur la capacité de la Mongala à attirer de nouveaux projets environnementaux.
En filigrane, cette affaire illustre les fragilités de la coordination entre partenaires techniques internationaux, autorités provinciales et services locaux. La réussite de projets environnementaux dépend autant de la fourniture d’outils et financements que de la chaîne de responsabilité et de contrôle sur le terrain.
L’AJBS appelle le ministère de la Justice à diligenter une enquête sérieuse pour établir la destination réelle de ces biens et garantir que les ressources mises à disposition de la Mongala servent effectivement leurs objectifs initiaux, au bénéfice des populations et de la continuité des programmes environnementaux. Reste à savoir si cette démarche aboutira, ou si ces obstacles bureaucratiques et pratiques resteront un frein durable au développement durable dans la province.
Par kilalopress