Une alerte préoccupante vient d’être lancée par la société civile environnementale concernant la situation sécuritaire et sanitaire dans le territoire de Kalehe. Ce 4 avril 2026, Josué Aruna, ambassadeur écologique du bassin du Congo et directeur pays de la Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network), fait état de violences meurtrières visant les communautés autochtones pygmées, accompagnées de déplacements massifs et d’une dégradation rapide des conditions sanitaires.
Selon ce document, au moins six personnes auraient été tuées au cours du mois de mars, dont cinq femmes, dans plusieurs villages de Kalehe, notamment Ramba, Murangu et Chihombe 2. Un autre incident signalé fait état de l’assassinat d’un jeune homme de 20 ans le 20 mars, ainsi que d’un blessé grave, attribués à des groupes armés. Ces informations, encore en cours de vérification indépendante, décrivent néanmoins un climat de peur et de détresse grandissant au sein de communautés déjà fragilisées et abandonnées dans cette période de violences qui ravagent l’Est de la RDC.
Le rapport évoque également des mouvements de fuite touchant plusieurs localités, dont Murangu, Ramba, Mushuguti, Chirimiro, Nyawaronga et d’autres zones du littoral de Kalehe. Si aucune estimation chiffrée du nombre de déplacés n’est encore disponible, la multiplicité des villages concernés laisse entrevoir une perturbation significative de la vie sociale et économique. Des familles contraintes d’abandonner précipitamment leurs terres, leurs habitations et leurs moyens de subsistance témoignent d’un abandon quasi-total de ces peuples autochtones face à la violence.
À cette insécurité s’ajoute une pression sanitaire croissante. Le document mentionne la présence de maladies telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, les diarrhées et des cas de choléra. Dans un contexte marqué par les déplacements et la précarité, ces pathologies constituent un facteur aggravant susceptible d’accélérer la dégradation des conditions de vie et d’accentuer les fragilités psychosociales déjà existantes.
Face à cette situation, certains membres de ces communautés ont lancé un appel urgent à la communauté internationale pour sauver leurs vies et protéger leurs familles. Cet appel souligne non seulement la vulnérabilité extrême des peuples pygmées dans la crise actuelle, mais aussi l’absence de dispositifs institutionnels capables de les protéger efficacement.
Ces informations reposent pour l’instant sur un rapport émanant d’un acteur reconnu de la société civile. Elles appellent des vérifications complémentaires par les autorités locales, les services de sécurité et les organisations humanitaires présentes dans la région. Mais leur gravité impose déjà une vigilance immédiate. Dans des territoires comme Kalehe, le délai entre l’alerte et la réaction peut déterminer l’ampleur d’une crise humanitaire.
Cette situation rappelle, une fois de plus, le rôle central que jouent les organisations de la société civile dans la remontée d’informations depuis des zones enclavées, souvent absentes des radars médiatiques et institutionnels. En l’absence de mécanismes d’alerte efficaces, ces structures constituent des vigies essentielles. Le signal lancé par Josué Aruna doit ainsi être considéré pour ce qu’il est : une alerte sérieuse, qui exige à la fois rigueur dans sa vérification et rapidité dans la mobilisation des réponses, afin d’éviter que l’abandon de ces communautés ne se transforme en catastrophe humanitaire totale.
Par kilalopress