RDC : Rentrée parlementaire – le président du Sénat Jean-Michel Sama Lukonde prêche l’urgence environnementale… mais qui arrêtera enfin les mines, les hydrocarbures et l’inaction ?

Le 15 septembre, le Sénat a repris ses travaux sous un vernis de « priorité environnementale ». Son président, Jean-Michel Sama Lukonde, a multiplié les déclarations alarmistes : insalubrité chronique, inondations imminentes, réchauffement climatique, urgence sociale. Mais faut-il encore s’émerveiller d’un discours bien huilé quand la maison brûle ?

Car la question essentielle est là : où sont les décisions concrètes ? Comment le « pays-solution » qui abrite 62 % du bassin du Congo peut-il se contenter d’appels incantatoires pendant que les mines restent en suspens, que l’exploitation des hydrocarbures n’est ni encadrée ni stoppée, et que Kinshasa suffoque sous ses déchets ? Le Sénat, deuxième pouvoir de la République, peut-il continuer à se réfugier derrière la rhétorique climatique sans brandir le marteau législatif ?

Pourquoi aucune loi contraignante sur la gestion des déchets n’est-elle votée ? Pourquoi les compagnies pétrolières continuent-elles de prospecter dans les zones sensibles sans cadre environnemental strict ? Pourquoi la session « essentiellement budgétaire » ne fixe-t-elle aucun financement chiffré pour l’assainissement des villes ? À quand une politique qui fasse trembler les pollueurs plutôt que d’endormir les électeurs ?

La RDC aime rappeler son rôle de « poumon vert » mondial. Mais être le cœur écologique de l’Afrique, c’est plus que prononcer un sermon à la tribune. C’est interdire l’exploitation illégale, taxer sévèrement la pollution, exiger des plans d’assainissement vérifiables, et engager les provinces dans une transition énergétique claire.

Alors, le Sénat va-t-il se contenter de voter une énième loi de finances sans lignes budgétaires environnementales audacieuses ? Ou osera-t-il enfin imposer des obligations fermes au gouvernement, aux entreprises minières et aux exploitants d’hydrocarbures ? Tant que ces questions restent sans réponse, le discours de rentrée n’est qu’un écho vide dans une salle surchauffée – pendant que, dehors, la pluie et les déchets continuent de menacer la population.

Par kilalopress

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