RDC : Réchauffement climatique, entre corruption persistante et défis environnementaux alerte la ligue congolaise de lutte contre la corruption (LICOCO) dans son communiqué publié par transparency international.

Transparency International a publié le rapport de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) pour l’année 2024 le 11 février 2025. Ce rapport souligne que la corruption est à l’origine de multiples crises mondiales, notamment dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), et affecte la sécurité de plusieurs nations.

Plus de 150 pays ont été évalués par l’IPC, et plus des deux tiers obtiennent un score inférieur à 50 sur 100. La moyenne mondiale de l’IPC est de 43 %, et plus de la moitié des pays (56 %) se situent en dessous de cette moyenne. La corruption, la pauvreté, l’insécurité et le réchauffement climatique sont des défis mondiaux interconnectés. La corruption joue un rôle majeur dans l’aggravation de ces situations, en empêchant les solutions durables de voir le jour. Au niveau mondial, le score moyen est de 43 %, en dessous de la moitié. La corruption demeure un terrain propice aux violations des droits humains et à l’affaiblissement de la démocratie.

Selon le rapport La corruption est un frein majeur aux efforts mondiaux pour combattre les crises environnementales et l’insécurité. Dans de nombreuses provinces, les ressources financières allouées par les partenaires pour lutter contre le changement climatique, en raison de la mauvaise gouvernance, du non-respect du principe de redevabilité et du manque de transparence, sont détournées à des fins personnelles ou de groupes d’intérêt. Cela aggrave des problèmes comme le réchauffement climatique et met en péril des vies humaines. Certains agents de l’Etat, souvent corrompus, ne prennent pas les mesures nécessaires pour réguler les industries polluantes, ce qui accentue la dégradation des écosystèmes. Au niveau régional, l’Afrique subsaharienne obtient un score de 33 %, avec une régression de 2 % par rapport à l’année 2023. Cela démontre que les dirigeants africains ne fournissent pas suffisamment d’efforts pour éradiquer ce fléau selon le rapport, chose qui met le continent en difficulté dans le secteur du changement climatique et freine son développement. L’Afrique subsaharienne est particulièrement touchée par ces dynamiques, où la corruption est non seulement un frein à la croissance économique, mais aussi un facteur qui déstabilise les régions. Le changement climatique exacerbe l’insécurité dans la région. Les sécheresses, les inondations, les guerres et l’érosion des sols affectent directement la sécurité alimentaire et provoquent des déplacements massifs de populations. Le manque de structures de gouvernance et la corruption limitent l’aide publique et affectent la protection de l’environnement.

Au cours de la dernière décennie, 24 pays ont considérablement amélioré leurs scores dans l’Indice de Perception de la Corruption et sont désormais considérés comme ayant moins de corruption qu’en 2015. Au cours de la même période, 32 pays ont enregistré des pertes significatives et sont considérés comme moins capables de contrôler la corruption qu’il y a dix ans. Parmi les pays qui ont fait des progrès significatifs dans leur capacité à contrôler la corruption dans le secteur public figurent la Côte d’Ivoire (45 %), la République dominicaine (36 %), le Koweït (46 %), les Maldives (38 %), la Moldavie (43 %) et la Zambie (39 %). Selon ce rapport, la République Démocratique du Congo se situe à la 163e place sur 180 pays et est parmi les pays les moins pacifiques au monde. L’IPC la place également parmi les 20 derniers pays les plus corrompus au monde, avec un score de 20 %. Depuis 2008, la RDC s’est engagée à lutter contre le changement climatique, et les investissements ont atteint plus de 700 millions USD. Sur le terrain, la population locale vit toujours dans la pauvreté, et les inégalités sont croissantes malgré ces investissements importants.

Une des causes de la persistance de la pauvreté et des inégalités croissantes en RDC est la persistance et l’accroissement de la corruption dans tous les secteurs, estime un activiste des droits de l’homme que le rapport a interrogé et qui a gardé l’anonymat. En dépit de l’engagement politique du Président Tshisekedi à lutter contre la corruption et à atteindre des niveaux plus élevés d’intégrité, de transparence et de redevabilité, notamment par la création de la Coordination pour le Changement de Mentalité (CCM), de l’Agence de Prévention et de Lutte Contre la Corruption (APLC), le renforcement de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et la réhabilitation de la Cour des Comptes, aucune amélioration significative ne se fait sentir dans la gouvernance globale. La Ligue Congolaise de Lutte Contre la Corruption constate que la corruption continue à ronger tous les secteurs de la vie nationale en RDC. La corruption est devenue non seulement systémique, mais aussi institutionnelle, structurelle et organisationnelle, du fait que sa fréquence constitue toute une culture acquise par la majorité des citoyens au sein de la communauté congolaise. Elle met en danger la démocratie, la sécurité, l’intégrité du territoire et le développement de la RDC. La Ligue Congolaise de Lutte Contre la Corruption lance un appel national pour que les autorités politiques, administratives et judiciaires puissent donner priorité à la lutte contre la corruption, car l’avenir du pays en dépend.

Par kilalopress

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