Kinshasa, 4 avril 2026 — La République démocratique du Congo vient de franchir une nouvelle étape dans la révision de son cadre de gouvernance forestière, sans pour autant lever les incertitudes sur sa capacité à transformer les orientations politiques en résultats concrets.
Réunis du 2 au 4 avril à Kinshasa, plusieurs centaines d’acteurs du secteur forestier — représentants de l’État, opérateurs économiques, chercheurs, organisations de la société civile et délégués des communautés locales — ont examiné un projet de politique forestière nationale, destiné à actualiser les orientations du pays dans un contexte de pression croissante sur les forêts.
À l’issue des travaux, le document a été validé sous réserve d’amendements. S’il traduit une volonté affichée d’adapter le cadre stratégique aux enjeux actuels — notamment la lutte contre la déforestation, la préservation de la biodiversité et les engagements climatiques —, sa portée réelle dépendra de son appropriation politique et de sa mise en œuvre effective.
Lors de la clôture, la ministre en charge de l’Environnement a salué un processus « inclusif et constructif », mettant en avant la diversité des contributions. Un discours classique dans ce type d’exercice, qui contraste toutefois avec les difficultés récurrentes observées dans l’application des réformes forestières en RDC.

Car au-delà de la production de nouveaux textes, le secteur reste confronté à des défis structurels bien connus : faiblesse des mécanismes de contrôle, chevauchement des compétences institutionnelles, pressions économiques liées à l’exploitation des ressources, et marginalisation persistante de certaines communautés locales dans la prise de décision.
La participation des partenaires techniques et financiers, ainsi que celle des organisations de la société civile, a permis d’enrichir les discussions. Mais là encore, leur implication ne garantit pas, à elle seule, un changement des pratiques sur le terrain. Sur le plan institutionnel, le document devra encore être soumis à l’approbation du gouvernement. Une étape formelle, mais déterminante, qui conditionnera son statut officiel et son intégration dans les politiques publiques.
Dans un pays qui abrite une part significative du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde, les attentes sont élevées. Mais l’expérience des précédentes réformes invite à la prudence : entre engagements politiques et réalités opérationnelles, l’écart reste souvent important. Plus qu’un nouveau référentiel stratégique, c’est donc la capacité de l’État à faire appliquer les règles, arbitrer les intérêts divergents et garantir la transparence dans la gestion des ressources forestières qui sera déterminante.
Par Asani Musungayi