RDC : la gouvernance des ressources naturelles en chantier, entre promesses et réalités

Kinshasa, 27 février 2026 – Alors que la République démocratique du Congo abrite l’un des patrimoines naturels les plus riches de la planète, la validation, vendredi à Kinshasa, de la version 2 du document sur la gouvernance des ressources forestières, fauniques et halieutiques (RFFH) pose une question cruciale : les bonnes intentions suffiront-elles à protéger ces trésors menacés ?

Fruit d’un processus dit « participatif », le document, enrichi par les acteurs des secteurs concernés, est présenté par la FAO et le gouvernement congolais comme la feuille de route pour une gestion durable et équitable des ressources naturelles. Selon Michel Ngoy, consultant national à la FAO, il sera désormais transmis aux ministères de l’Environnement et de la Pêche.

« Ce document très important pose les bases d’une gouvernance améliorée », a souligné Serge Sabi, représentant la FAO. Mais derrière ces phrases diplomatiques se cache un constat alarmant : malgré les cadres juridiques et politiques établis et l’appui de partenaires internationaux, la RDC peine toujours à tirer des ressources naturelles renouvelables la contribution économique et sociale attendue.

Le paradoxe est frappant : le pays, situé au cœur du Bassin du Congo, dispose de forêts, de faune et de poissons abondants, essentiels à l’économie locale et à la sécurité alimentaire. Pourtant, la surexploitation, la corruption et le manque d’outils de suivi rigoureux continuent de fragiliser ce patrimoine vital. Chaque effort d’amélioration de la gouvernance se heurte à une réalité persistante : des millions de Congolais dépendent de ces ressources, mais leurs moyens de subsistance restent vulnérables.

Le projet pilote de la FAO, visant à améliorer la gouvernance des RFFH en RDC, au Cameroun et au Gabon, apparaît comme une tentative de réponse. Mais sans mécanismes contraignants et transparents, la « gouvernance participative » risque de rester une vitrine diplomatique. La vraie question demeure : le pays est-il prêt à transformer ces documents en actions concrètes ou s’agit-il simplement d’une étape supplémentaire dans une longue série de promesses non tenues ?

Le temps presse. Chaque année, des hectares de forêt disparaissent, des espèces sont menacées et les communautés locales continuent de vivre à la marge de la richesse qu’elles contribuent à préserver. La RDC a-t-elle les moyens et la volonté de traduire cette gouvernance en faits ? Le monde, et ses habitants, attendent des réponses tangibles.

Par kilalopress

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