La diplomatie européenne en République Démocratique du Congo (RDC) est en pleine effervescence alors que la délégation de l’Union européenne à Kinshasa s’emploie à faire basculer le protocole d’accord sur les minerais, signé avec le Rwanda en février dernier, en faveur de la RDC.
Cet accord, paraphé le 19 février à Kigali, vise à encadrer l’exploitation des ressources minérales par le Rwanda, dans un souci de garantir un approvisionnement stable en matières premières, en particulier les ressources critiques. Cette initiative, saluée par l’Union Européenne, ambitionne de répondre aux impératifs d’une exploitation durable des ressources minérales.
Toutefois, cette entente a rapidement suscité la controverse après les critiques acerbes du président congolais Félix Tshisekedi, qualifiant le protocole d' »ignominie ». La situation est exacerbée par le contexte tendu dans l’est de la RDC, où une rébellion persistante (le M23), soutenue par le Rwanda, alimente les tensions régionales.
Les déclarations de Félix Tshisekedi, comparant l’accord à un acte de complicité avec un « agresseur » régional, ont jeté une ombre sur les relations entre l’UE et la RDC. Cependant, à l’occasion de la Journée de l’Europe, célébrée le 9 mai , l’ambassadeur de l’UE en RDC, Nicolas Berlanga Martinez, a exprimé une volonté de réconciliation. Il a admis que l’UE aurait dû mieux communiquer sur cet accord et montrer plus de sensibilité aux préoccupations congolaises.

Nicolas Berlanga Martinez a également souligné l’engagement de l’UE à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement congolais pour que le protocole d’accord avec le Rwanda soit bénéfique à la RDC. Il a mis en avant la nécessité d’une transparence accrue dans le secteur minier congolais, soulignant que le pays est le principal producteur de nombreuses ressources minérales.
Par ailleurs, l’ambassadeur a rappelé l’existence d’un partenariat antérieur entre l’UE et la RDC, axé sur le développement de chaînes de valeur durables pour les matières premières critiques et stratégiques. Il a exprimé son impatience quant à la formation du nouveau gouvernement congolais, qui tarde à se concrétiser depuis les élections de décembre.
Dans cette optique, l’UE se montre disposée à collaborer étroitement avec la RDC, non seulement sur la question de la transparence dans le secteur minier, mais également sur d’autres enjeux cruciaux pour le développement et la stabilité du pays.
Alors que les tensions persistent dans la région des Grands Lacs, cet accord entre l’UE et le Rwanda sur les minerais représente un défi diplomatique majeur. L’Union Européenne affirme sa volonté de rétablir la confiance avec la RDC et de travailler en partenariat pour promouvoir un développement économique durable et équitable dans la région.
La redaction