RDC : Accès aux installations de la SOCIR bloqué par des habitants en colère à Muanda

À Kinimi, dans le secteur des Assolongo à Muanda, des habitants ont barricadé mardi 03 février 2026 les voies menant aux installations de la Société Congolaise des Industries de Raffinage, empêchant notamment la relève des travailleurs. Selon des sources locales, cette mobilisation fait suite à une décision de l’entreprise interdisant aux écoliers d’emprunter ses bus.

À l’aube du mardi 03 février 2026, les accès aux installations de la Société Congolaise des Industries de Raffinage (SOCIR SA), à Muanda, sont restés inhabituellement silencieux. Dans le village de Kinimi, au cœur du secteur des Assolongo, des habitants ont érigé des barricades sur les voies menant au site industriel, empêchant notamment la relève des équipes programmée ce jour-là. Les travailleurs attendus n’ont pas pu rejoindre leur poste, selon des sources locales concordantes. À l’origine de la tension, une décision attribuée à l’entreprise : l’interdiction, depuis un certain temps, pour des écoliers d’emprunter les bus de la SOCIR. Dans cette partie du territoire de Muanda, où les distances entre villages et établissements scolaires compliquent les déplacements quotidiens, les véhicules de la raffinerie ont longtemps servi de solution informelle de transport pour des élèves et des enseignants des écoles de Kinimi. Une pratique tolérée au fil des années, selon plusieurs témoignages recueillis sur place.

Pour les habitants mobilisés, cette mesure serait perçue comme une rupture brutale d’un équilibre local. « Depuis toujours, les écoliers et enseignants des écoles Kinimi, vivant dans des villages éloignés, prennent place dans des bus de la SOCIR à chaque opportunité », rappellent-ils. Ils estiment que la décision pénalise directement des familles déjà confrontées à la précarité des infrastructures de transport dans cette zone côtière.

Au-delà de la question du transport scolaire, la contestation a pris une tournure plus institutionnelle. Les manifestants réclament le départ du directeur des ressources humaines de la SOCIR ainsi que celui de Monsieur Stéphane, présenté comme un autre cadre de l’entreprise. Les griefs précis formulés à leur encontre n’ont pas été détaillés publiquement, mais les participants évoquent un climat de tension persistant entre la société et une partie de la communauté.

Implantée dans le territoire de Muanda, la raffinerie occupe une place stratégique dans l’économie locale et nationale. Son fonctionnement dépend d’un équilibre délicat entre impératifs industriels, exigences de sécurité et attentes sociales. La fermeture, même temporaire, de ses accès pose la question de la vulnérabilité des infrastructures énergétiques face aux revendications communautaires, dans un contexte où les enjeux environnementaux et sociaux sont étroitement imbriqués.

Conscient du risque d’escalade, l’Administrateur du territoire ai de Muanda, Nicolas Kinduelo, s’est rendu sur les lieux accompagné d’éléments de la police. Selon les informations disponibles, sa démarche visait à préserver la sécurité des installations de l’entreprise tout en engageant un dialogue avec les manifestants afin de rétablir un climat de concorde entre les parties. Aucune communication officielle n’était toutefois disponible jusque dans la soirée de mardi quant à l’issue de cette médiation.

Cet épisode met en lumière une réalité récurrente dans les zones d’implantation industrielle en République démocratique du Congo : la porosité entre les responsabilités d’une entreprise et les besoins sociaux des communautés riveraines. À Muanda, où les infrastructures publiques demeurent limitées, les services associés – même de manière informelle – aux grandes sociétés deviennent rapidement des ressources vitales. Leur retrait, lorsqu’il survient sans concertation perçue comme suffisante, peut cristalliser des frustrations latentes. Reste à savoir si cette crise ponctuelle ouvrira un espace de dialogue plus structuré entre la SOCIR SA et les habitants du secteur des Assolongo, ou si elle ne constituera qu’un nouvel épisode d’une relation marquée par la méfiance. Pour l’heure, l’absence de compte-rendu officiel laisse planer une incertitude sur les compromis éventuels et sur la reprise normale des activités.

Par kilalopress

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