Lubumbashi : après 15 ans de service, l’AZLU quitte le jardin zoologique, que deviendront les animaux ?

Depuis le 4 mars 2026, le Jardin Zoologique de Lubumbashi se retrouve face à une nouvelle réalité. L’Association Les Amis du Zoo de Lubumbashi (AZLU), partenaire historique de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), a officiellement annoncé qu’elle ne prendrait plus en charge l’alimentation et le suivi des pensionnaires du site. Après quinze années d’engagement, cette organisation qui a contribué à la réhabilitation des infrastructures et au bien-être des animaux décide de se retirer.

Dans un communiqué rendu public le 5 mars, Lydia Verardo Forrest, présidente de l’AZLU, explique que « les évolutions intervenues dans les modalités de gestion et d’alimentation du site ne permettent plus à l’AZLU de poursuivre certaines activités opérationnelles qu’elle assurait jusqu’à présent ». L’association se dégage donc de toute responsabilité administrative, morale et juridique à partir de cette date.

Pour des décennies, l’AZLU a été au cœur de la vie quotidienne du zoo : elle nourrissait les animaux, organisait la logistique alimentaire et assurait le suivi de chaque pensionnaire. Son travail s’inscrivait dans un objectif clair de conservation et d’éducation environnementale. Mais aujourd’hui, avec son départ, la question se pose : qui prendra soin des animaux, certains d’entre eux étant particulièrement vulnérables ?

L’ICCN, qui conserve la gestion exclusive du zoo, n’a pas encore détaillé les mesures prévues pour assurer la continuité des soins. Les observateurs et défenseurs de la faune s’inquiètent de cette transition. « La responsabilité de l’alimentation et du suivi des animaux est désormais entièrement entre les mains de la structure gestionnaire. Le moindre manquement pourrait avoir des conséquences graves », souligne le communiqué de l’AZLU.

Pour les défenseurs de la conservation, ce retrait ouvre une série de questions cruciales : quels moyens seront déployés pour garantir la santé des animaux ? Les infrastructures, malgré les efforts passés de l’AZLU, sont-elles suffisantes pour un fonctionnement autonome du zoo ? Et plus largement, quel avenir pour les espèces menacées qui y vivent, dans un contexte où la faune congolaise est déjà fragilisée par la déforestation et le braconnage ?

Alors que Lubumbashi perd un acteur engagé de la conservation, le Jardin Zoologique se retrouve à un tournant critique. Le défi est désormais double : assurer la survie des animaux et renforcer les mécanismes de protection pour que ce sanctuaire ne devienne pas un simple lieu de passage pour les espèces en danger, mais reste un véritable centre de conservation et d’éducation environnementale.L’avenir des pensionnaires du zoo dépendra désormais des décisions prises par l’ICCN et des moyens qu’elle mobilisera pour maintenir les standards de soins et de sécurité que l’AZLU avait contribué à mettre en place. Le regard des citoyens et des amoureux de la nature reste attentif, scrutant chaque évolution du Jardin Zoologique de Lubumbashi.

Par kilalopress

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