Lubero: l’usage abusif des herbicides dans l’agriculture locale, une pratique préoccupante

Au sud du territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, l’utilisation des herbicides dans l’agriculture locale connaît une expansion inquiétante. De plus en plus d’agriculteurs recourent à ces produits chimiques afin de faciliter les travaux de labour et de sarclage. Toutefois, cette pratique soulève de sérieuses préoccupations environnementales et sanitaires.

Des organisations engagées dans la protection de l’environnement, parmi elle, l’ONG Programme d’Action Locale (PAL), basée à Kanyabayonga, dans un entretien nous accordé ce mercredi 7 janvier 2926, tire la sonnette d’alarme. Selon Kasereka Malisawa, ingénieur agronome au sein de cette organisation, plusieurs agriculteurs manipulent les herbicides sans formation ni connaissance préalable sur leur mode d’utilisation et leurs effets à long terme.

« L’utilisation abusive des herbicides peut entraîner une dégradation de la fertilité des sols, la contamination des eaux souterraines et une augmentation des risques pour la santé humaine », a déclaré Kasereka Malisawa.

Outre l’impact négatif sur la qualité des sols et des productions agricoles, ces substances chimiques exposent également les utilisateurs et les consommateurs à des dangers sanitaires importants.

Face à cette situation, l’ONG PAL recommande à la communauté agricole d’adopter des méthodes alternatives plus respectueuses de l’environnement.

« Il est possible de pratiquer une agriculture durable en recourant à des techniques telles que la rotation des cultures, l’utilisation du compost et du fumier, ainsi que la lutte intégrée contre les ravageurs », a ajouté Kasereka Malisawa.

D’autres acteurs du secteur environnemental partagent ces inquiétudes. Paluku Mali Évariste, coordonnateur du Centre d’Éducation Nutritionnelle et Environnementale pour le Développement (CENED), estime que cette problématique doit mobiliser l’attention de tous.

Selon lui, des actions de sensibilisation à grande échelle sont indispensables. 

« Des conférences-débats, des émissions radiophoniques et d’autres canaux de communication doivent être mis à contribution afin de décourager les pratiques agricoles nuisibles à l’environnement », a-t-il souligné.

Face à l’ampleur du phénomène, plusieurs observateurs appellent les autorités gouvernementales à s’impliquer davantage, notamment à travers la réglementation de l’usage des produits chimiques agricoles et l’accompagnement des agriculteurs vers des pratiques durables.

Depuis Lubero : Augustin Tsongo

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