Kwango : un atelier renforce la stratégie « Une Santé » face aux maladies émergentes

Kenge, 2 octobre 2025 – Au cœur du Kwango, un atelier scientifique a réuni cette semaine chercheurs, institutions publiques et partenaires techniques autour d’un défi majeur : améliorer la gestion intégrée des maladies à l’interface homme–animal–environnement–plante. L’initiative, portée par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), s’inscrit dans le cadre du projet DOPERAUS (Décentraliser et rendre opérationnelles les plateformes Une Santé en Guinée et en RDC), financé par le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI/Canada).

Le Pr. Justin Masumu, coordonnateur du projet en RDC, a rappelé que l’approche « Une Santé » vise à créer des plateformes décentralisées capables d’anticiper et de répondre efficacement aux maladies émergentes, lesquelles trouvent souvent leur origine dans les interactions complexes entre populations humaines, faune sauvage, élevage, environnement et pratiques agricoles. « Nos actions reposent sur trois piliers : la gouvernance renforcée des plateformes, l’analyse des causes et impacts des maladies émergentes, et le développement de mécanismes robustes de surveillance et d’investigation », a-t-il expliqué.

Exécuté dans six provinces (Kinshasa, Équateur, Kasaï Oriental, Haut-Katanga, Kwilu et Kwango), le projet met en avant une collaboration inédite entre les secteurs de la santé, de l’agriculture, de la pêche et élevage, de l’environnement et de la recherche scientifique. À Kenge, les participants ont utilisé des outils méthodologiques tels que RIVIH (Réduction de la Vulnérabilité et Identification des Interventions de Santé) et CEACA pour cartographier les points faibles dans le contrôle des maladies et hiérarchiser les priorités sanitaires locales.

Les travaux de groupe, conduits par l’ingénieure Marlène Metena, ont permis de dégager des actions concrètes autour de la prévention, la surveillance épidémiologique, la préparation et la riposte aux crises sanitaires, mais aussi autour de la communication et de la recherche appliquée. Les discussions ont également mis en lumière les obstacles liés à la collaboration intersectorielle – tels que le cloisonnement institutionnel ou le déficit de ressources – et proposé des stratégies pour les surmonter.

Quarante participants issus des ministères de la Santé, de l’Environnement et du Développement durable, de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, ainsi que de la Pêche et Élevage, ont pris part à ces échanges, aux côtés de chercheurs et partenaires techniques et financiers. Ensemble, ils ambitionnent de faire du Kwango un laboratoire de bonnes pratiques pour la mise en œuvre de l’approche « Une Santé » en RDC. À travers DOPERAUS, la République démocratique du Congo entend non seulement renforcer sa résilience face aux menaces sanitaires émergentes, mais aussi démontrer qu’une approche intégrée et participative est essentielle pour protéger la santé humaine, animale et environnementale dans un contexte de changements globaux.

Par kilalopress

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