À Mbanza-Ngungu, dans le Kongo Central, des milliers de ménages des avenues Ndala, Kumbi, Kasaï, Kinzonzi et Christ-Roi sont privés d’eau potable depuis plusieurs mois, à la suite du sectionnement d’une conduite de la REGIDESO lors de travaux de fibre optique. Selon la REGIDESO locale, cette interruption expose les populations à des risques sanitaires accrus et nécessite une intervention urgente pour rétablir la desserte, conformément au droit constitutionnel d’accès à l’eau.
À Mbanza-Ngungu, l’eau potable ne s’écoule plus comme une évidence, mais comme une absence prolongée qui redessine le quotidien. Dans cette ville du Kongo Central, située à près de 154 kilomètres à l’ouest de Kinshasa, ouvrir un robinet est devenu, depuis plusieurs mois, un geste inutile pour de nombreux abonnés de la REGIDESO. Dans les avenues Ndala, Kumbi, Kasaï, Kinzonzi et Christ-Roi, le silence des conduites a progressivement installé une forme de pénurie ordinaire, mais lourde de conséquences.
Dans ces quartiers densément peuplés, l’eau de boisson — pourtant reconnue comme un besoin vital — se transforme en ressource rare. Selon des témoignages recueillis sur place, des milliers de ménages vivent désormais au rythme des détours imposés par la quête de sources naturelles, dont la qualité reste incertaine. Des enfants, des personnes âgées et d’autres catégories vulnérables parcourent chaque jour de longues distances pour remplir des bidons, s’exposant à des eaux non traitées. D’après plusieurs acteurs locaux, cette situation accroît les risques de maladies d’origine hydrique et fragilise un peu plus une santé publique déjà sous pression.
L’impact dépasse largement la sphère domestique. À en croire certaines analyses, l’absence prolongée d’eau potable agit comme un facteur aggravant de la précarité urbaine : hygiène compromise, temps productif perdu, tensions sociales latentes. Dans une région où l’accès aux services essentiels demeure inégal, la pénurie actuelle rappelle la vulnérabilité des infrastructures face aux chantiers urbains mal coordonnés et à la croissance rapide des besoins.
Face à ce qu’ils considèrent comme une urgence sanitaire, des habitants de Mbanza-Ngungu ont lancé un appel pressant aux autorités compétentes et à la direction de la REGIDESO. Ils invoquent notamment l’article 48 de la Constitution de la République démocratique du Congo, qui stipule que « le droit à un logement décent, le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique sont garantis », et que la loi en fixe les modalités d’exercice. Pour ces ménages privés d’eau, ce texte fondamental résonne aujourd’hui comme une promesse en suspens.
Interrogé par Kilalopress, le chef du centre de la REGIDESO à Mbanza-Ngungu, Richard Kumbu, reconnaît l’ampleur de la pénurie, en particulier dans le quartier Christ-Roi. Il attribue la situation au sectionnement d’une conduite d’eau consécutif à des travaux menés par une entreprise de fibre optique, non autrement identifiée et demeurant, à ce stade, inconnue. Selon ses explications, cette intervention aurait endommagé le réseau de distribution, entraînant l’interruption de la desserte dans plusieurs avenues.

D’après le responsable local de la REGIDESO, les quartiers affectés ont été provisoirement isolés afin d’éviter le gaspillage de la production en eau disponible, dans l’attente des réparations nécessaires. Il précise également que les autorités politico-administratives ont été saisies de ce désagrément et qu’elles seraient à pied d’œuvre pour identifier l’entreprise de fibre optique, venue de Kinshasa, qui serait à l’origine de la panne.
Si ces explications techniques apportent un début de clarification, elles n’effacent pas les interrogations persistantes sur la coordination des travaux urbains et la protection des infrastructures vitales. Estiment des observateurs locaux, l’épisode révèle un manque de mécanismes efficaces de prévention et de responsabilité dans la conduite des chantiers, au détriment des populations. En attendant l’issue des démarches annoncées, les habitants de Ndala, Kumbi, Kasaï, Kinzonzi et Christ-Roi continuent de composer avec une réalité où l’eau potable, pourtant garantie par la loi, demeure hors de portée. À Mbanza-Ngungu, la pénurie actuelle n’est pas seulement un incident technique. Elle s’inscrit dans une problématique plus large d’accès aux services essentiels et pose, en creux, la question de la résilience des villes congolaises face aux transformations rapides de leur espace urbain. Pour les familles concernées, chaque jour sans eau rappelle que le droit constitutionnel, lorsqu’il n’est pas effectif, se mesure d’abord à la fatigue des pas et à l’incertitude sanitaire.
Par kilalopress