Du 23 au 27 février 2026, le ministre du Tourisme et une délégation de l’Office National du Tourisme ont inspecté plusieurs sites naturels et historiques du Kongo Central en vue de préparer des projets pour un financement international. Cette mission, destinée à alimenter des dossiers à présenter à Nairobi, intervient dans un contexte de dégradation des infrastructures et d’absence persistante de dispositifs locaux de protection des sites.
Sur le terrain, la mission s’est heurtée à une réalité connue des acteurs locaux : l’état dégradé de certaines routes, qui conditionne l’accessibilité des sites et pèse sur toute ambition de développement touristique durable. Malgré ces contraintes, la délégation a procédé à des visites d’évaluation sur plusieurs lieux emblématiques, mêlant mémoire, nature et héritages matériels : la grotte de Dimba, située à six kilomètres de Mbanza-Ngungu ; le site Belvédère à Matadi, pressenti pour accueillir deux épaves des premières automobiles ; le Baobab de Stanley à Boma ; le trou de stockage des esclaves, la marmite des esclaves et la chaîne des esclaves, autant de traces d’une histoire douloureuse encore peu intégrée dans des parcours mémoriels structurés ; le parc des mangroves de Nsiamfumu, écosystème fragile aux enjeux écologiques majeurs ; enfin, la prison de Bulambemba à Muanda, lieu chargé de symboles, au croisement de l’histoire pénitentiaire et des mémoires locales.
Selon les participants, ces repérages visent à alimenter la préparation de projets dits « bancables », appelés à être présentés lors du sommet international sur le tourisme prévu à Nairobi du 31 mars au 4 avril 2026. L’enjeu, tel qu’exposé au cours de la mission, serait de solliciter un appui financier de l’ONU-Tourisme, à travers un fonds émirati destiné à la modernisation de sites sélectionnés. Une perspective qui, sur le papier, ouvre des possibilités, mais qui suppose, dans les faits, une articulation fine entre conservation des écosystèmes, respect des communautés riveraines et viabilité économique à long terme.

En marge des visites, une réunion élargie s’est tenue sous la présidence du ministre, réunissant le ministère provincial du Tourisme, la division provinciale, l’ONT, le Secrétariat général au Tourisme ainsi que l’administration territoriale de Muanda. Les échanges ont porté sur l’état réel du secteur touristique dans la province et sur l’évaluation technique des sites inspectés. Parmi les orientations formulées figure la demande adressée à l’ONT de produire un tableau statistique général des sites touristiques du Kongo Central, censé éclairer les prises de décision des autorités.
La mission a également mobilisé le directeur provincial de l’ONT Kongo Central, le chef d’agence provincial de Kinshasa et plusieurs agents techniques, aux côtés du nouveau secrétaire général au Tourisme et du ministre provincial du Tourisme. Au-delà des annonces et des calendriers internationaux, cette itinérance met en lumière un défi récurrent : transformer un patrimoine naturel et historique exceptionnel en levier de développement, sans en fragiliser les équilibres écologiques ni réduire les territoires à de simples vitrines, dans un contexte où les attentes des bailleurs, les contraintes locales et les réalités sociales restent étroitement imbriquées.
Par kilalopress