Kinshasa : Mont-Ngafula frappée par de nouvelles érosions, les habitants interpellent l’État et ses services urbains

Kinshasa, 20 février 2026. Ce matin, une pluie soutenue a provoqué de lourds dommages dans la commune de Mont-Ngafula, ciblant particulièrement le quartier Cogelos, situé derrière le Plateau des Résidents. Sur l’avenue Kika n°5, les eaux de ruissellement ont creusé de profondes érosions, entraînant la destruction partielle de plusieurs habitations. Selon les témoignages recueillis sur place, des pans entiers de murs et de chambres ont été arrachés, laissant des lits et des biens matériels engloutis par la terre instable.

Plusieurs familles ont été contraintes de fuir précipitamment pour sauver leur vie, certaines échappant de justesse à la montée des eaux et à l’effondrement des sols. Aujourd’hui, elles se retrouvent sans abri, démunies face à la perte de leurs biens et à l’incertitude de leur sécurité. « Nous avons tout perdu en quelques minutes, il n’y a personne pour nous protéger », confie un sinistré rencontré sur les lieux. Les victimes demandent une assistance immédiate : hébergement d’urgence, vivres, couvertures et soutien psychosocial.

Mont-Ngafula n’est pas étrangère à ce type de catastrophe. Les épisodes d’érosion y sont récurrents, exacerbés par une urbanisation chaotique, l’absence de caniveaux fonctionnels et l’insuffisance de dispositifs d’évacuation des eaux pluviales. Ces phénomènes posent une question cruciale : comment les services urbains, financés par l’État congolais et chargés de la planification et de la protection des populations, peuvent-ils rester impuissants face à des drames qui se répètent ?

Selon certains habitants, la solution ne peut se limiter à des interventions ponctuelles. Ils appellent à une approche structurée et durable : construction d’ouvrages de drainage, stabilisation des sols sur les pentes vulnérables, contrôle strict et prévention des constructions dans les zones à risque. « Nous ne demandons pas seulement une aide temporaire, nous voulons que les autorités prennent leurs responsabilités et préviennent les prochains drames », insiste un riverain.

Cette nouvelle catastrophe met en lumière la responsabilité directe des bureaux communaux et des services d’urbanisme, dont la mission est censée protéger la population et encadrer l’aménagement urbain. L’absence d’actions préventives répétées interroge la gouvernance locale et appelle à une remise en question profonde : quelles mesures concrètes ont été prises pour prévenir ces catastrophes récurrentes et protéger la vie des habitants ? Sans un engagement réel et immédiat, ces drames risquent de se multiplier, aggravant le risque pour les communautés et fragilisant la résilience de la capitale congolaise face aux pluies diluviennes et à l’érosion des sols. Les habitants, eux, proposent de co-construire des solutions avec les autorités : cartographie des zones vulnérables, travaux de drainage participatifs et suivi citoyen des chantiers urbains. Une manière de transformer la gestion de l’urgence en planification durable, avant que de nouvelles vies ne soient menacées.

Asani M. et Paul théo

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