Kinshasa : l’atelier national sur la protection de l’enfant met en lumière l’urgence environnementale en RDC

Kinshasa, 3 décembre — En cloturant l’atelier national de validation de la Politique nationale de l’enfant, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a rappelé que la protection de l’enfance ne peut plus être dissociée des crises écologiques qui frappent la République démocratique du Congo. Ce rendez-vous, loin d’être un simple exercice administratif, devient un moment charnière où la question environnementale s’impose comme une dimension centrale de la vulnérabilité des jeunes Congolais.

Pendant trois jours, institutions publiques, ONG spécialisées, partenaires internationaux et acteurs de la société civile travaillent à l’élaboration d’un cadre d’action modernisé. L’objectif est de bâtir une politique cohérente et adaptée aux réalités du terrain un terrain marqué par les inondations récurrentes, la pollution de l’air et de l’eau, la déforestation accélérée et les impacts directs qu’ils exercent sur la santé, la sécurité et le développement des enfants. « Un enfant qui respire un air toxique ou qui perd son foyer après une inondation est un enfant dont les droits sont bafoués », a rappelé la cheffe du Gouvernement, soulignant la nécessité urgente d’un dispositif capable de répondre à ces défis.

Les discussions se concentrent ainsi sur l’identification des zones de vulnérabilité, un concept désormais élargi pour intégrer les risques environnementaux. Dans plusieurs quartiers de Kinshasa comme dans les territoires miniers du Katanga ou les zones forestières de l’Équateur, les enfants sont exposés quotidiennement à des pollutions multiples, à l’insécurité alimentaire générée par la dégradation des terres, ou encore à l’effondrement d’infrastructures scolaires lors des fortes pluies. Ces réalités aggravent la malnutrition, la déscolarisation et les maladies respiratoires, et nécessitent une politique nationale construite autour d’une vision écologique de la protection de l’enfance.

Pour les experts présents, l’enjeu est clair : faire de l’enfant non seulement un bénéficiaire mais un acteur du développement durable. Cela implique, au-delà de la coordination institutionnelle, l’intégration de la résilience climatique dans les programmes éducatifs, la modernisation des infrastructures publiques, et un soutien renforcé aux familles, souvent premières victimes des crises environnementales. Cette démarche vise à ancrer durablement un modèle où la protection de l’enfance devient un véritable baromètre de la bonne gouvernance environnementale en RDC.

À la fin des travaux, la voix du Conseil National de l’Enfant l’organe pilote de cette nouvelle politique — est venue renforcer le caractère historique de l’instant. Interrogé sur la validation de la PNE, Mulumba Kambayi Jean, Coordonnateur national du CNE, a livré une réaction empreinte d’émotion et de lucidité :

« Le temps n’est plus aux discours mais à la réalisation des promesses. Pendant des années, nous avons promis et fait rêver les enfants. Aujourd’hui, ces journées sont historiques. »

Il a salué l’engagement personnel du Gouvernement, soulignant que « la présence de la Première ministre est un signe fort, profondément symbolique ». Mulumba a également remercié la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombaye, qu’il décrit comme « déterminée au point que, sans elle, ces journées n’auraient peut-être jamais vu le jour ».

Le coordonnateur a insisté sur le caractère collectif du processus, fruit d’un « travail progressif et consensuel », soutenu par les partenaires techniques et financiers ainsi que par la société civile. Et surtout, il a rappelé que la validation n’est qu’un début : « Après cette étape, une longue route nous attend : celle de l’implémentation. Elle exigera beaucoup de dévouement. »

La validation de la Politique nationale de l’enfant apparaît ainsi comme un tournant. Elle signifiera un engagement politique fort : celui de faire en sorte que toute décision publique qu’elle concerne les mines, l’urbanisme, l’agriculture ou les forêts soit évaluée à l’aune de son impact sur les enfants. La PNE devient le document de référence qui orientera désormais l’action de l’ensemble des ministères et partenaires, renforçant la coordination intersectorielle et l’efficacité des interventions. Parce que protéger les enfants revient, in fine, à protéger l’avenir même de la nation congolaise.

Par kilalopress

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