Une fillette de 11 ans a été attaquée et tuée par deux hippopotames dans la cité frontalière de Muinyambulu, secteur de Lueta, territoire de Luiza, Kasaï Central, dans la nuit du 25 au 26 février 2026. La sœur de la victime a échappé à l’attaque, soulignant la persistance d’un danger pour les habitants vivant à proximité de la rivière Kasaï – Source : Didier Njila Buamukishi, président territorial des Forces vives de Luiza.
Au cœur du Kasaï Central, la cité frontalière de Muinyambulu, dans le secteur de Lueta du territoire de Luiza, vit depuis mardi soir une inquiétude profonde. Deux hippopotames, sortis de la rivière Kasaï, ont fauché la vie d’une fillette de 11 ans, plongeant la communauté dans la consternation et un sentiment de vulnérabilité face à la faune locale. La tragédie s’est déroulée dans la nuit du 25 au 26 février 2026, alors que la jeune fille, accompagnée de sa sœur, était sortie pour un besoin naturel. La fratrie a croisé le chemin de ces imposants mammifères, et seule la sœur a pu échapper à l’attaque.
Didier Njila Buamukishi, président territorial des Forces vives de Luiza, relate l’événement avec une gravité mesurée : « Deux hippopotames sont sortis de la rivière Kasaï la nuit vers le village Muinyambulu, et ont dévoré une jeune fille de 11 ans. La sœur de la victime s’est sauvée de justesse. » Ces animaux, pourtant emblématiques de la rivière, deviennent ici une menace tangible pour les habitants qui vivent à quelques centaines de mètres des cours d’eau, dans un contexte où l’espace naturel et le territoire humain se chevauchent de manière critique.
Tout au long de la matinée, la présence des hippopotames dans les environs a été signalée par les villageois, qui craignent de nouvelles attaques. La proximité de l’Angola accentue ce sentiment de danger permanent, puisque la frontière ne constitue pas un obstacle pour ces animaux semi-aquatiques. À en croire certains observateurs locaux, la cohabitation avec cette faune sauvage demande désormais des mesures de protection plus rigoureuses, tant pour les enfants que pour l’ensemble de la population.
Face à cette menace répétée, Didier Njila Buamukishi appelle les autorités compétentes à intervenir rapidement : « Il est impératif d’abattre ces bêtes pour protéger la population et éviter le pire. » De son côté, Ciceron Itshiey, administrateur du territoire assistant chargé des questions économiques et financières, confirme que des mesures ont été prises, rappelant qu’un incident similaire avait déjà coûté la vie à une femme en décembre 2025 dans ce même village. Les opérations d’abattage, précise-t-il, sont en cours de renforcement, en attendant un ravitaillement en munitions adaptées.
À Muinyambulu, comme dans plusieurs zones riveraines du Kasaï, la frontière ténue entre vie humaine et habitat naturel des hippopotames rappelle la fragilité des équilibres écologiques et sociaux. Ces drames successifs interrogent non seulement sur la sécurité des habitants, mais aussi sur la manière dont la gestion de la faune peut s’adapter à des villages riverains, où chaque sortie nocturne devient un risque potentiel. Entre crainte et nécessité de vivre, la population de Muinyambulu fait face à la dure réalité d’un territoire partagé avec des géants de la rivière.
Par kilalopress