Kilalopress – 26 février 2026 Kamanyola, territoire de Walungu — Depuis l’ouverture de l’année scolaire 2025-2026, l’école primaire CIBUGA peine à trouver un rythme normal d’enseignement. Sept de ses douze salles de classes ont été emportées par les pluies torrentielles d’octobre 2025, privant des centaines d’élèves d’un espace d’apprentissage sûr et adapté.
Selon Lutu Luhinzo, directeur de cet établissement public relevant de la 8e CEPAC, « nous faisons face à un problème sérieux depuis cette catastrophe. Nous avons dû organiser deux vacations : les élèves du degré élémentaire étudient le matin jusqu’à 12h, tandis que ceux du degré terminal sont accueillis l’après-midi. Cette organisation a des répercussions sur le programme national ».
Les salles touchées, construites en terre battue, n’ont pas résisté aux intempéries. Les toitures ont été arrachées en premier, avant que les murs ne s’effondrent progressivement. L’absence d’intervention de services étatiques spécialisés ou d’organisations humanitaires locales souligne la fragilité du dispositif de soutien aux infrastructures scolaires dans la région.

La situation est particulièrement préoccupante pour les familles vulnérables : enfants autochtones, peuples pygmées et déplacés de guerre venus de la plaine de la Ruzizi. Ces populations n’ont pas les moyens financiers de reconstruire les salles détruites. « Nous lançons un appel aux organisations humanitaires pour apporter une assistance à cet établissement d’intérêt public, au bénéfice de cette génération », ajoute le directeur.
Au-delà du simple déficit matériel, la crise de l’école CIBUGA illustre un défi plus large pour le système éducatif dans les zones à risques climatiques en RDC. La combinaison d’infrastructures précaires et d’événements météorologiques extrêmes compromet non seulement la continuité pédagogique, mais met aussi en lumière les vulnérabilités sociales et économiques des communautés locales.
À Kamanyola, comme dans plusieurs localités du Sud-Kivu, l’urgence scolaire ne se résume plus à des murs ou des toits : elle renvoie à la nécessité d’une planification résiliente face aux changements climatiques et d’un soutien ciblé aux populations les plus exposées. Les écoliers, quant à eux, continuent de suivre leurs cours sur des bancs provisoires, illustrant la capacité d’adaptation des enseignants et des familles, mais aussi l’ampleur du défi humanitaire et éducatif à venir.
Par wendo Joé