Dans une récente déclaration, l’Institut de Formation et d’Appui aux Pratiques de Développement Durable et Écologique (IFAPPDE) a exprimé son désarroi face à la menace croissante qui pèse sur les populations de perroquets et de buffles dans la région de Kabambare, en Luama. Cette alerte met en lumière les enjeux cruciaux liés à la biodiversité et à l’écosystème local.
Les perroquets, emblématiques de la faune aviaire, et les buffles jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre écologique. Ils sont non seulement appréciés pour leur beauté et leur intelligence, mais aussi pour leur contribution à la pollinisation et à la dispersion des graines. Cependant, leur habitat naturel est de plus en plus menacé par la déforestation et l’urbanisation incontrôlée. L’IFAPPDE souligne que la perte d’habitat due à des activités humaines telles que l’exploitation forestière illégale représente un danger imminent pour ces oiseaux colorés.
Dans le même ordre d’idées, les buffles, qui sont aussi sur la liste des espèces menacées, occupent une place importante dans les traditions culturelles et les écosystèmes locaux, et font face à des défis similaires. La chasse excessive, couplée à la réduction de leur espace vital, entraîne une diminution alarmante de leurs effectifs. Leur disparition pourrait avoir des répercussions significatives sur l’agriculture locale, puisque ces animaux sont souvent utilisés comme bêtes de somme dans certaines communautés.
L’IFAPPDE appelle donc à une prise de conscience collective et à des actions concertées pour protéger ces espèces vulnérables. Des initiatives de reforestation, des campagnes de sensibilisation et un renforcement des lois sur la protection de la faune sauvage sont quelques-unes des mesures proposées pour préserver cette richesse naturelle.
Les espèces animales telles que les perroquets et les buffles sont abattues du jour au lendemain par les ennemis de l’environnement. À cela s’ajoute l’exploitation des bois rouges et autres essences d’arbres pour des raisons économiques. Il est également observé une absence de l’intervention de l’État congolais pour la protection de la réserve naturelle et du domaine de chasse de Luama, car ce site ne bénéficie pas du même suivi que les autres réserves de la RDC. Les communautés locales dépendent souvent de la pêche, de la chasse et de l’agriculture pour leur subsistance, avec des infrastructures sociales et de production limitées.

En termes de menaces et de pressions, il sied de signaler, dans certains coins de la réserve, la présence de populations allochtones qui pratiquent des méthodes de capture des perroquets sans respecter les règles établies. La création de la réserve était censée être une solution à ce problème.
« Il est crucial que les autorités locales, les organisations non gouvernementales et la population collaborent afin d’initier des changements durables. En investissant dans la conservation de la biodiversité et en respectant les écosystèmes, nous pouvons assurer un avenir harmonieux pour les générations futures et permettre aux perroquets et aux buffles de continuer à prospérer dans leur habitat naturel », a déclaré un défenseur environnemental dans le territoire de Kabambare, dans la partie sud de la province du Maniema. Se confiant à la rédaction de KilaloPress, l’IFAPPDE alerte que la menace de disparition des perroquets et des buffles à Kabambare/Luama doit servir de catalyseur pour une action immédiate.
« La sauvegarde de cette biodiversité précieuse est non seulement un impératif écologique, mais également une responsabilité sociale qui engage toutes les couches de la société, particulièrement les défenseurs environnementaux. »
La réserve communautaire de Luama, à Kabambare, au sud de la province du Maniema, qui est un habitat naturel du buffle, a été créée en 1935 sous l’arrêté N°39/AGRI du 26 septembre 1935, modifié par les arrêtés N°52/22AGRI du 18 janvier 1954. Elle couvre une superficie de 3 435 km². La réserve naturelle de Luama est un site protégé important dans le paysage de Kabobo-Luama, confronté à des défis de conservation et de développement local.
Par Patrick Babwine