Grand Katanga : à Kambov, l’État inspecte les eaux acides des mines et interroge la chaîne de responsabilités environnementales

Au cœur du Grand Katanga, territoire devenu au fil des décennies l’un des poumons miniers les plus sollicités de la République démocratique du Congo, une mission officielle s’est déployée ce mardi 3 février 2026 sur les sites industriels de Kambov. Selon des sources présentes sur le terrain, la délégation était conduite par la ministre de l’Environnement, professeure Marie Nyange Ndambo, accompagnée du ministre des Mines et de l’Environnement, Lucien Lumanu, ainsi que d’un collège d’experts techniques mandatés pour évaluer les pratiques environnementales en cours.

L’inspection s’est notamment concentrée sur les installations de Kai peng Mining et de Kambov Mining, où un point précis a retenu l’attention des autorités : la gestion des eaux acides issues des activités d’extraction, leur évacuation, leur traitement et leur recyclage. D’après nos sources sur place, ces bassins de rétention concentrent des substances reconnues pour leur forte nocivité, dont les défaillances de gestion peuvent avoir des conséquences directes sur la santé des riverains et sur l’équilibre déjà fragile des écosystèmes locaux.

Sur place, la ministre de l’Environnement a insisté sur le caractère critique de chaque étape du traitement de ces effluents. À en croire des observateurs du secteur, cette exigence traduit une préoccupation largement partagée parmi les experts environnementaux : dans une région où les cours d’eau, les sols et les nappes phréatiques sont étroitement liés aux activités minières, la moindre négligence peut produire des effets durables, parfois irréversibles. La responsable a ainsi requis un entretien irréprochable des bassins de gestion, rappelant que ces infrastructures constituent la première ligne de protection entre l’industrie extractive et les communautés environnantes.

Cette fermeté, selon des acteurs institutionnels, s’inscrit dans le cadre des orientations fixées par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi-Tshilombo. La ministre Marie Nyange Ndambo a d’ailleurs souligné que la mission visait avant tout à prévenir des situations préjudiciables aux populations, évoquant le souci du chef de l’État pour le bien-être collectif, inscrit dans l’esprit et la lettre de la Constitution congolaise. « Il est très, très important de respecter l’environnement », a-t-elle rappelé, insistant sur le lien indissociable entre protection de la nature et sauvegarde des vies humaines.

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Au-delà des déclarations officielles, cette descente sur le terrain remet toutefois en lumière une interrogation plus large, souvent formulée à voix basse dans les zones minières. D’après certaines analyses, la multiplication de ces missions de contrôle pose en creux la question de la responsabilité des autorités qui délivrent les permis et contrats miniers. Quels mécanismes d’évaluation environnementale précèdent l’octroi de ces concessions ? Et dans quelle mesure les engagements pris sur le papier tiennent-ils compte des risques réels pour les communautés riveraines et leurs milieux de vie ?

Dans le Grand Katanga, où l’économie locale dépend largement de l’extraction minière, l’enjeu dépasse la simple conformité administrative. Il touche à la capacité de l’État à arbitrer durablement entre impératifs économiques, exigences environnementales et droits fondamentaux des populations. La mission conduite à Kambov, présentée comme un acte de prévention et de rappel à l’ordre, place désormais les entreprises minières face à leurs responsabilités. Elle renvoie aussi, en filigrane, aux choix initiaux des pouvoirs publics, appelés à renforcer la vigilance en amont pour que l’exploitation des ressources ne se fasse pas au prix de la santé des hommes et de la dégradation silencieuse des territoires.

Par kilalopress

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