Du 19 au 21 février 2026, le Groupe d’Action pour Sauver l’Homme et son Environnement (GASHE) organise un atelier d’évaluation et de renforcement des capacités pour son projet SECOTEQ, axé sur la sécurisation des écosystèmes de tourbières dans la province de l’Équateur. Financé par Rainforest Trust et appuyé techniquement par Rainforest Foundation Norway (RFN), ce projet vise à promouvoir une gestion durable et communautaire des forêts et tourbières locales.
L’année 2025 a été marquée par la poursuite des activités de sensibilisation dans les territoires de Bomongo et Makanza. Dix communautés locales ont été initiées au processus de foresterie communautaire. Huit d’entre elles ont déjà formalisé leur intérêt en soumettant une demande de Concession Forestière des Communautés Locales (CFCL), tandis que deux autres ont choisi de ne pas se joindre à cette démarche. Ces chiffres témoignent d’une dynamique enclenchée mais révèlent également la persistance de réticences et de besoins supplémentaires d’information et d’accompagnement.

Le contexte territorial complique par ailleurs la perception de ces initiatives. Dans certaines zones, comme Bomongo et Makanza, la présence d’espaces protégés existants, notamment la Réserve de Ngiri, ainsi que de concessions forestières privées, influence l’appréhension locale de la foresterie communautaire. Selon des participants à l’atelier, une partie des communautés continue d’associer ces démarches à la création de nouvelles réserves ou à des limitations d’accès à leurs terres, générant incompréhensions et refus d’accompagnement.
Ces obstacles sont particulièrement sensibles pour l’atteinte des objectifs du projet, en particulier ceux portant sur l’expansion des superficies gérées par les communautés. L’atelier constitue ainsi un espace d’analyse collective, permettant d’ajuster les stratégies d’intervention, de renforcer les messages de sensibilisation et d’améliorer la méthodologie déployée sur le terrain.

La présence de Monsieur Benjamin Bisimwa, Program Advisor de RFN, apporte une dimension stratégique à cette rencontre. Elle permet de dresser un bilan des progrès réalisés et de conduire une planification concertée pour 2026, en cohérence avec les ambitions globales du projet. Dans cette optique, une extension des activités vers le territoire de Bolomba est envisagée, dans le but d’élargir l’impact du projet tout en capitalisant sur les expériences accumulées à Bomongo et à Makanza.
Au-delà de l’évaluation technique, l’atelier met en lumière l’importance de la confiance et de la compréhension communautaire dans la gestion durable des forêts et tourbières. Les interactions observées témoignent de la complexité du dialogue entre initiatives environnementales et réalités locales, soulignant que la consolidation des résultats dépend autant de l’accompagnement technique que de l’adhésion des communautés.
Par kilalopress