Déclaration d’Addis-Abeba : l’Afrique revendique un leadership climatique mondial avec plus de 50 milliards $ d’engagements annuels

Addis-Abeba, 11 septembre 2025 — L’Afrique n’entend plus être « la victime du réchauffement » mais l’architecte de la prochaine économie verte. C’est le message vibrant lancé à la clôture du deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2), où chefs d’État, institutions financières et partenaires internationaux ont adopté la Déclaration d’Addis-Abeba, un texte qui place le continent au cœur du leadership climatique mondial.

Adoptée à l’unanimité, la Déclaration appelle à « un soutien renforcé et soutenu » pour des initiatives africaines comme la Grande Muraille Verte, la restauration des paysages forestiers ou l’Héritage vert éthiopien. Fini le temps des promesses creuses : les dirigeants rappellent que le financement de l’adaptation « n’est pas un geste de charité mais une obligation légale » des pays industrialisés, qui devront fournir des subventions et non des prêts aggravant la dette.

Les annonces financières donnent le vertige. Le Pacte africain pour l’innovation climatique vise à mobiliser 50 milliards de dollars par an pour déployer, d’ici 2030, plus de 1 000 solutions africaines dans l’énergie, l’agriculture, l’eau, les transports et la résilience. Le très attendu Fonds africain pour le changement climatique, adossé à la Banque africaine de développement, devient opérationnel pour canaliser obligations vertes et financements innovants.

Les partenariats se multiplient :

  • La BAD, Afreximbank, Africa50 et l’AFC lancent l’Initiative pour l’industrialisation verte de l’Afrique avec 100 milliards de dollars à la clé.
  • Le gouvernement danois promet 79 millions de dollars pour la transformation agricole.
  • L’Italie réaffirme 4,2 milliards, dont 70 % iront directement au continent.
  • L’AAAP 2.0 recherche 50 milliards pour des infrastructures et des systèmes alimentaires adaptés au climat.

Les dirigeants exigent en parallèle une réforme urgente des banques multilatérales de développement, afin de réduire les coûts d’emprunt et d’ouvrir leurs instances de gouvernance à l’Afrique. Le sommet fixe un cap : porter la part de l’Afrique dans les investissements mondiaux en énergies renouvelables de 2 % à 20 % d’ici 2030. La nouvelle Stratégie des minéraux verts veut que cobalt, lithium ou terres rares servent non seulement les chaînes d’approvisionnement mondiales mais aussi l’industrialisation et l’emploi local. Le Cadre africain pour une résilience juste, associé au Fonds d’impact pour la justice climatique, financera déjà des dizaines d’initiatives locales.

Plus de 25 000 délégués – chefs d’État, ministres, chercheurs, représentants des peuples autochtones, société civile et secteur privé – ont animé 240 événements et 43 expositions sur trois jours au Centre international de congrès d’Addis-Abeba. L’ampleur et la diversité des échanges ont illustré une conviction partagée : le climat est le test ultime du multilatéralisme.

À l’heure où beaucoup de sommets mondiaux s’enlisent dans les blocages, l’ACS2 a démontré qu’une Afrique unie peut non seulement dialoguer mais fixer l’agenda. La Commission de l’Union africaine et le gouvernement éthiopien se sont engagés à piloter la mise en œuvre de la Déclaration et à porter cette dynamique jusqu’à la COP30 de Belém. Dans les couloirs d’Addis-Abeba, un mot revenait : irréversible. L’Afrique s’est hissée, chiffres à l’appui, au rang de moteur des solutions climatiques mondiales. Reste désormais aux partenaires internationaux à suivre ce rythme… ou à se laisser distancer par un continent décidé à écrire sa propre histoire verte.

Par kilalopress

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