De Kinshasa à Muanda – la caravane citoyenne hurle contre le pétrole, vu que la terre brûle et personne n’écoute

Du 6 au 10 avril 2026, une caravane citoyenne traverse le pays, de Kinshasa jusqu’à Muanda, pour amplifier la voix des communautés victimes d’une exploitation pétrolière dévastatrice dans le Kongo Central. Portée par la coalition Notre Terre Sans Pétrole, cette action se veut pacifique et responsable, mais elle expose crûment les contradictions d’un État congolais souvent complice et d’un secteur pétrolier dominé par des multinationales peu regardantes sur les conséquences sociales et environnementales de leurs activités.

La caravane fera escale à Kisantu, Mbanza Ngungu, Kimpese, Matadi, Kinzau-Mvuete et Boma, avant une mobilisation finale à Muanda. Derrière le rituel des arrêts et des réunions publiques se cache un cri d’alarme : depuis des décennies, les populations locales subissent la pollution des eaux, la destruction des terres agricoles et la disparition des ressources halieutiques, alors que les autorités ferment les yeux et que les entreprises engrangent les profits.

Cette mobilisation souligne l’incapacité chronique des pouvoirs publics à protéger les communautés et l’environnement. Dans un contexte où l’exploitation des hydrocarbures se fait sans réelle consultation ni consentement des populations affectées, la caravane expose l’ampleur de la fracture entre les intérêts économiques des multinationales et le droit fondamental des Congolais à un environnement sain. Des actions parallèles de solidarité sont prévues, de Muanda jusqu’aux rives du lac Albert et de Goma à Kinshasa, pour donner un écho national à ce combat.

La coalition insiste sur la nécessité d’écouter et de respecter les communautés locales et de les associer aux décisions qui engagent leur avenir. Mais derrière les discours officiels sur la « participation citoyenne », la réalité est brutale : les populations sont reléguées au rôle de spectatrices tandis que l’État et les multinationales décident seuls du sort de leurs terres et de leurs rivières. Cette caravane, en mettant les visages et les voix sur la place publique, rappelle que le silence des autorités face à la catastrophe environnementale est une complicité tacite avec les acteurs économiques responsables de la destruction.

Si la caravane ne changera pas les décisions à elle seule, Néamoins elle forcerait la question : comment la RDC peut-elle prétendre au développement alors que ses propres institutions tolèrent le pillage de ses ressources et l’expropriation silencieuse de ses communautés ? Stand Up Muanda est bien plus qu’un mouvement symbolique : c’est un avertissement clair, un rappel que la justice sociale et environnementale n’est pas négociable et que la voix des communautés ne sera plus ignorée.

Par kilalopress

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