Kinshasa, 07 avril 2026 — Dans le cadre de la campagne « Notre terre sans pétrole », des activistes climatiques de Kinshasa ont lancé une caravane citoyenne en direction du Kongo Central, affirmant une mobilisation croissante de la jeunesse congolaise face aux enjeux liés à l’exploitation des énergies fossiles par PERENCO.
À bord de bus, ces défenseurs de l’environnement ont pris la direction de Kisantu, avec des escales à Mbanza-Ngungu et Kimpese. À chaque arrêt, ils ont transformé leur passage en véritable cadre d’échange et de sensibilisation, allant à la rencontre des populations locales pour évoquer les conséquences de l’exploitation pétrolière sur l’environnement et les conditions de vie. Dans un langage accessible et engagé, les activistes ont dénoncé ce qu’ils qualifient « d’exploitation abusive » du pétrole à Muanda, une situation qui, selon eux, met en péril non seulement les écosystèmes, mais aussi la dignité des communautés locales.
« Nous ne pouvons pas rester indifférents. Ce qui se passe à Muanda concerne tout le Congo », a confié un jeune activiste engagé dans la caravane citoyenne.
Au fil des échanges, plusieurs habitants ont pris la parole pour témoigner des réalités qu’ils vivent au quotidien, marquées par les effets visibles de la dégradation environnementale.

« Nous souffrons beaucoup ici. L’eau que nous utilisons n’est plus propre comme avant. Nos enfants tombent souvent malades et nous ne savons plus vers qui nous tourner », témoigne une mère de famille, visiblement émue.
« Avant, nous vivions bien grâce à nos champs et à la pêche. Aujourd’hui, tout devient difficile. Les terres ne produisent plus comme avant et les poissons se font rares. On a l’impression d’être abandonnés », déplore un habitant rencontré lors de la caravane.

Ces témoignages poignants renforcent le message porté par les activistes : celui d’une urgence écologique et sociale qui ne peut plus être ignorée. Pour eux, Muanda incarne aujourd’hui les limites d’un modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles sans garanties suffisantes pour la protection de l’environnement et des populations.

Au-delà de la dénonciation, cette initiative citoyenne s’inscrit dans une démarche plus large de plaidoyer pour une gestion responsable, transparente et durable des ressources naturelles. Elle appelle notamment à une prise de conscience collective et à un engagement accru des autorités pour préserver les écosystèmes et garantir le respect des droits fondamentaux des communautés.
À travers cette caravane, la jeunesse congolaise affirme ainsi son rôle d’acteur clé dans la lutte pour la justice climatique. Une dynamique qui témoigne d’un éveil écologique croissant au sein de la société civile, déterminée à bâtir un avenir où développement rime avec protection de l’environnement et bien-être des populations.
Par Asani musungayi