Beni : L’ONAPAC intercepte plus de 5 tonnes de cacao destinées à l’exportation frauduleuse vers l’Ouganda

L’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC), en collaboration avec le Conseil local du café et du cacao, a saisi plus de cinq tonnes de cacao dans le secteur de Ruwenzori, territoire de Beni, province du Nord-Kivu. La cargaison, en partance pour la cité frontalière de Kasindi, était destinée à être exportée illégalement vers l’Ouganda.

Selon la direction locale de l’ONAPAC, la marchandise provenait de plusieurs acheteurs, notamment basés à Lume et Bulongo. Ces derniers sont accusés d’avoir tenté de contourner le circuit officiel de contrôle de l’État, enfreignant ainsi les réglementations en vigueur.

Mesures prises par l’ONAPAC

Face à cette tentative de fraude, l’ONAPAC a ordonné le rapatriement du cacao vers l’entrepôt officiel de la ville de Beni. Le parquet a été informé, et une équipe d’agents judiciaires s’est rendue sur place ce lundi pour constater la marchandise. Cette action s’inscrit dans le cadre d’un plan global de lutte contre la fraude dans le secteur agricole. L’ONAPAC a renforcé ses mécanismes de contrôle afin d’enrayer les pratiques illégales qui, par le passé, facilitaient l’exportation de cargaisons non déclarées vers l’Ouganda

Parmi les mesures récemment mises en œuvre figure l’interdiction du transport de cacao par motos, véhicules légers ou camions non homologués. L’objectif est de garantir que les exportations se fassent conformément aux normes internationales. L’ONAPAC rappelle que seules les voies réglementaires permettent une exportation légale du cacao congolais. Elle met également en garde contre les tentatives de désinformation visant à nuire à son action et réaffirme son engagement à accompagner les opérateurs respectueux de la loi.

Les défis de la lutte contre la fraude dans le secteur du cacao en RDC

La saisie de plus de 5 tonnes de cacao par l’ONAPAC met en lumière les défis persistants auxquels le secteur agricole congolais est confronté, notamment en ce qui concerne la fraude et l’exportation illégale de produits agricoles. L’insécurité dans la région de Beni, alimentée par la présence de groupes armés, complique les efforts de contrôle et de régulation du secteur. Cette situation a conduit à une augmentation de l’exportation illégale de cacao vers l’Ouganda, souvent facilitée par des acteurs locaux et des réseaux transfrontaliers.

Mesures gouvernementales insuffisantes

Bien que des mesures aient été prises, telles que l’interdiction de la commercialisation du cacao frais et le renforcement des contrôles aux points de sortie, ces initiatives peinent à freiner la fraude. Les obstacles administratifs, la surtaxation et la corruption au sein des services de contrôle demeurent des défis majeurs pour les autorités congolaises.

Ainsi donc, pour lutter efficacement contre la fraude, il est impératif que l’ONAPAC, les autorités locales et les opérateurs économiques collaborent étroitement. La mise en place de mécanismes de traçabilité, la sensibilisation des acteurs du secteur et l’amélioration des conditions de travail des producteurs sont essentielles pour assurer la légalité et la compétitivité du cacao congolais sur le marché international.

Roger KAKULIRAHI

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