L’ACEDH a salué, le 10 février 2026 à Beni, la mise à disposition de 15 mégawatts supplémentaires fournis par le Parc des Virunga au Nord Kivu. Selon son communiqué n°005/2026/Se/ACEDH-RDC, cette capacité additionnelle vise à renforcer l’accès à une énergie durable et soutenir le développement économique local.
À Beni, le 10 février 2026, l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a rendu public son communiqué de presse n°005/2026/Se/ACEDH-RDC, saluant l’augmentation de la capacité énergétique fournie par le Parc des Virunga au Nord-Kivu. L’organisation y voit la démonstration qu’« il est possible de tirer profit du parc sans le détruire » et appelle à le « préserver pour l’intérêt commun ».
Selon les informations communiquées, le dispositif énergétique adossé au Parc poursuit sa montée en puissance. Après les 13,1 mégawatts de Matebe, les 14 mégawatts d’Ivingu et les 1,4 mégawatt de Mutwanga, Virunga met désormais à disposition 15 mégawatts supplémentaires comme premier service sur les 42 mégawatts attendus de Rwanguba. D’après les acteurs impliqués, cette nouvelle injection d’électricité renforce la place du Nord-Kivu comme province pilote en matière d’accès décentralisé aux énergies renouvelables.
Dans une région confrontée à de lourds défis sécuritaires, cette progression énergétique est présentée comme un signal fort. L’ACEDH affirme avoir appris « avec une grande satisfaction » la mise à disposition de ces 15 mégawatts au bénéfice de la population. À en croire l’organisation, cette évolution constitue une avancée notable vers un accès « abordable, durable et fiable » à l’électricité, en cohérence avec l’Objectif de développement durable n°7 consacré à l’énergie.
Au-delà des chiffres, c’est une vision de la conservation intégrée qui est mise en avant. Les initiatives développées autour du Parc des Virunga sont décrites comme un moteur de transformation économique et sociale, combinant production énergétique, entrepreneuriat, innovation technologique et emplois dits « verts ». Selon des observateurs du secteur, l’électricité issue de Virunga Energies alimente des activités semi-industrielles et artisanales qui, sans cet apport, resteraient limitées, voire impossibles.
L’enjeu dépasse le seul périmètre local. L’ACEDH estime que cette dynamique pourrait servir de catalyseur à une croissance énergétique nationale, notamment à travers le projet de Couloir Vert Kivu–Kinshasa. L’énergie, rappellent plusieurs analyses, demeure un levier stratégique pour la sécurité, l’indépendance économique, l’industrialisation et l’amélioration du bien-être. Dans cette perspective, la production issue du Parc s’inscrirait également dans la mise en œuvre de l’article 48 de la Constitution de la RDC ainsi que dans le programme « Sustainable Energy for All » du Secrétaire général des Nations Unies.
L’organisation souligne par ailleurs que l’augmentation de la capacité énergétique pourrait contribuer à réduire la pression exercée sur les ressources naturelles du Parc national des Virunga. L’accès à une électricité plus stable limiterait, selon certaines sources locales, le recours au bois-énergie et favoriserait une cohabitation plus apaisée entre les communautés riveraines et l’aire protégée. Dans un territoire marqué par des tensions récurrentes, la question énergétique devient ainsi un facteur potentiel d’harmonisation sociale.
L’ACEDH encourage la poursuite de ces efforts et invite les acteurs publics et privés, « conformément à la loi congolaise », à s’inscrire dans une dynamique d’accès universel à l’énergie. Elle appelle également le Gouvernement de la République à mettre en place des politiques fiscales d’allègement, à promouvoir des mécanismes de parrainage entre Virunga et d’autres parcs ou provinces à faibles capacités énergétiques, et à protéger les investissements orientés vers un réseau électrique national décentralisé.
Dans son communiqué, l’organisation n’oublie pas les communautés riveraines. Elle les exhorte à renforcer un « esprit positif » en faveur de la protection des écosystèmes et des ressources du Parc national des Virunga, présenté comme un poumon économique et climatique provincial. Malgré l’insécurité persistante dans la zone, le Parc continue, selon les promoteurs de ces projets, d’attirer des investissements tout en maintenant ses valeurs naturelles.
À travers cette évolution, le Nord-Kivu donne à voir une équation encore fragile mais prometteuse : produire de l’énergie renouvelable au cœur d’une aire protégée, soutenir le développement local et contribuer à la transition énergétique juste, sans sacrifier le capital écologique. Si les défis restent nombreux, l’expérience de Virunga rappelle qu’en République démocratique du Congo, la conservation peut aussi devenir un levier de prospérité partagée, à condition que la gouvernance, la transparence et l’inclusion communautaire demeurent au cœur du processus.
Par kilalopress