À Kinshasa, dans un contexte où la pression sur les écosystèmes du Bassin du Congo ne cesse d’alimenter les débats sur l’avenir des ressources naturelles, une nouvelle étape vient d’être franchie dans les discussions sur leur gouvernance. Le vendredi 27 février 2026, les autorités congolaises et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont validé un document stratégique consacré à l’amélioration de la gestion des ressources forestières, fauniques et halieutiques en République démocratique du Congo.
D’après les informations communiquées à l’issue des travaux, ce texte vise à renforcer les mécanismes de gouvernance de ces ressources renouvelables qui structurent une grande partie des équilibres écologiques et économiques du pays. Selon plusieurs observateurs impliqués dans les discussions, cette validation marque surtout l’aboutissement d’un processus technique destiné à clarifier les orientations stratégiques en matière de gestion durable des forêts, de la faune sauvage et des ressources halieutiques.
Dans une région qui abrite certains des plus vastes écosystèmes tropicaux de la planète, la question de la gouvernance des ressources naturelles demeure particulièrement sensible. Les pays du Bassin du Congo disposent en effet d’importants patrimoines forestiers et biologiques, dont dépend une part significative des moyens de subsistance des populations rurales. Pourtant, à en croire plusieurs analyses sectorielles, la contribution réelle de ces ressources aux économies nationales et à la sécurité alimentaire reste encore en deçà de leur potentiel.
Cette situation, expliquent certains spécialistes, tient notamment à la complexité des systèmes de gouvernance existants. Au fil des années, différents cadres juridiques, politiques et institutionnels ont été mis en place pour encadrer la gestion des ressources forestières, fauniques et halieutiques, souvent avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Mais malgré ces dispositifs, la durabilité de ces ressources continue de susciter des interrogations, tant sur le plan écologique qu’économique.
C’est dans ce contexte que la FAO a engagé un projet pilote régional baptisé « Appui à l’amélioration de la gouvernance des ressources forestières, fauniques et halieutiques pour leur contribution durable aux économies de la RDC, du Cameroun et du Gabon ». L’initiative, selon les acteurs du secteur, cherche à renforcer les cadres de gestion afin que ces ressources renouvelables puissent jouer un rôle plus structurant dans les économies nationales tout en préservant leur équilibre écologique.
Intervenant au cours de la validation du document, Sabi Serge, expert en environnement à la FAO, a réaffirmé l’engagement de son organisation dans ce processus d’accompagnement technique. « La FAO souhaite vivement que ces ressources forestières, fauniques et halieutiques puissent jouer pleinement leur rôle dans l’économie nationale et contribuer durablement à l’amélioration des conditions de vie de millions de Congolaises et Congolais qui en dépendent », a-t-il déclaré.
Selon les informations recueillies auprès de participants aux travaux, le document validé est issu d’un processus de consultation impliquant plusieurs institutions publiques et acteurs sectoriels. Les discussions ont permis d’intégrer diverses contributions techniques destinées à préciser les priorités d’action et à consolider un cadre de référence pour la gouvernance des ressources naturelles en RDC.
Dans un pays où la forêt couvre plus de la moitié du territoire et où les ressources halieutiques constituent une source importante de protéines pour de nombreuses communautés, la question de leur gestion dépasse largement les considérations environnementales. Elle touche également aux enjeux de sécurité alimentaire, de développement économique local et de résilience des territoires face aux mutations climatiques. À en croire certaines sources institutionnelles, l’initiative a bénéficié de l’implication de plusieurs ministères sectoriels, notamment ceux de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, ainsi que de la Pêche et de l’Élevage. Leur participation aux travaux aurait permis de consolider l’architecture du document et de faciliter son adoption.
Pour la FAO, cette étape constitue avant tout un jalon dans un processus plus large visant à améliorer la gouvernance des ressources naturelles renouvelables dans le Bassin du Congo. Si la validation du document marque une avancée sur le plan stratégique, plusieurs observateurs soulignent néanmoins que la véritable épreuve résidera désormais dans la mise en œuvre concrète des orientations définies, sur un terrain où se croisent intérêts économiques, impératifs écologiques et attentes sociales. Dans un pays dont les forêts comptent parmi les plus vastes du globe et où la biodiversité reste l’une des plus riches d’Afrique, la capacité à concilier exploitation des ressources et préservation des écosystèmes apparaît plus que jamais comme un enjeu déterminant pour l’avenir.
Par kilalopress