À Kinshasa, la RDC muscle son expertise pour surveiller les tourbières du Bassin du Congo

À Kinshasa, une formation stratégique réunit depuis mardi des experts congolais et internationaux autour d’un enjeu longtemps relégué au second plan : le suivi scientifique des tourbières du Bassin du Congo. Pendant quatre jours, ces spécialistes se forment à des outils de pointe destinés à localiser, cartographier et surveiller ces écosystèmes clés pour le climat mondial.

L’initiative intervient à un moment charnière. Depuis 2018, l’Unité de gestion des tourbières s’emploie à mettre en œuvre une feuille de route nationale encore confrontée à une question fondamentale : où se trouvent précisément les tourbières en République démocratique du Congo ? Sans cette base scientifique, difficile de protéger efficacement des zones qui stockent des quantités colossales de carbone et jouent un rôle crucial dans la régulation de l’eau.

En lançant la session, la secrétaire générale à l’Environnement, Pascaline Mbangu, a insisté sur la place désormais incontournable des tourbières dans les débats sur l’adaptation et l’atténuation du changement climatique. Pour elle, la réponse ne peut être que collective. « Le développement des connaissances sur cet écosystème émergent est indispensable », a-t-elle rappelé, soulignant la nécessité de conjuguer expertise, méthodologie rigoureuse et moyens techniques et financiers à la hauteur des enjeux. Du côté des partenaires techniques, l’atelier est perçu comme un levier décisif. Pour Judicaël Pazou, représentant de la FAO en RDC, la formation renforce concrètement les capacités nationales, notamment grâce à l’usage de la télédétection et d’autres technologies avancées. Objectif : fonder la gestion des tourbières sur des données fiables, capables d’orienter l’aménagement du territoire et la gestion durable des ressources naturelles dans toute la sous-région.

La rencontre illustre aussi une dynamique de coopération soutenue. Le ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat travaille de concert avec l’Unité de gestion des tourbières, appuyés par l’Initiative climatique internationale (Initiative climatique internationale) du gouvernement allemand, dont le financement a été déterminant, ainsi que par le Programme des Nations unies pour l’environnement, engagé sur le plan technique.

Au-delà de la formation, c’est un signal politique qui se dessine. La RDC s’est engagée dans l’élaboration d’un cadre juridique dédié à la gestion durable des tourbières, un pas essentiel pour sécuriser ces réserves de biodiversité, de carbone et d’eau. « En travaillant ensemble, nous pouvons transformer ces défis en opportunités et bâtir un avenir plus sûr », a conclu le représentant de la FAO.

Ces assises s’inscrivent dans l’axe 3 d’un projet régional ambitieux : garantir, par des décisions éclairées et une gouvernance renforcée, la protection à long terme des tourbières du Bassin du Congo. Un chantier discret, mais décisif pour le climat, la biodiversité et les communautés qui en dépendent.

Par kilalopress

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