À Kinshasa, la commune de N’sele étouffée sous les déchets et les cimetières : Steve Mulumba, président de la commission Environnement, appelle à une action publique immédiate pour protéger l’environnement et la dignité des habitants.

À l’est de Kinshasa, la commune de N’sele s’enfonce dans une crise silencieuse mais lourde de menaces. Cimetières saturés, déchets abandonnés en pleine anarchie, insécurité diffuse : le tableau dressé lors d’une récente mission d’information de l’Assemblée provinciale de Kinshasa révèle une réalité que les autorités ne peuvent plus feindre d’ignorer.

Selon les constats relayés par Steve Mulumba, président de la commission Environnement, N’sele concentre près d’une trentaine de cimetières, bien plus que la majorité des communes de la capitale. Ce déséquilibre territorial attire chaque jour des familles venues d’autres quartiers pour inhumer leurs morts. Mais autour de ces lieux de mémoire, un autre fléau prospère : des dépôts sauvages d’ordures qui transforment les abords funéraires en décharges à ciel ouvert.

Le problème dépasse l’esthétique urbaine. Ces déchets, souvent non traités, constituent des foyers potentiels de maladies, contaminent les sols et aggravent l’insalubrité dans une zone déjà fragilisée par l’absence de services publics adéquats. À cela s’ajoutent des poches d’insécurité, nourries par l’abandon institutionnel et la pression démographique.

Ce qui se joue à N’sele est révélateur d’une gouvernance urbaine à bout de souffle. Comment une commune peut-elle supporter seule le poids funéraire de toute une métropole sans planification, sans mécanisme de gestion des déchets, sans contrôle effectif ? Laisser perdurer cette situation revient à accepter que l’environnement et la dignité humaine soient relégués au second plan.

Dans un pays aussi vaste que la République démocratique du Congo, la crise de N’sele sonne comme un avertissement. Sans décisions fermes, sans investissements ciblés et sans responsabilités clairement assumées, la capitale continuera d’enterrer ses morts dans l’indifférence… et ses déchets dans le silence.

Par kilalopress

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