Mbandaka, 31 mars 2026 – Le gouvernement congolais a annoncé un projet d’envergure : 10.000 bourses destinées aux jeunes filles dans quatre provinces, avec la promesse de soutenir leur éducation et, selon les autorités, de réduire la pauvreté et la pression sur les ressources environnementales. Mais derrière l’enthousiasme officiel, plusieurs interrogations subsistent.
Mardi à Mbandaka, une réunion de validation du processus de sélection des écoles et boursières a réuni responsables gouvernementaux et acteurs de la société civile. Selon M. Arsène Binanga, Directeur du pays Tynale International, le projet vise à « tosilisa kelasï – terminer la scolarité – des jeunes filles dans des filières stratégiques comme la foresterie, l’agronomie et les sciences de la santé ».
Le processus de sélection prévoit que 40 % des bourses iront à des écoles exclusivement féminines, 35 % selon les filières prioritaires, et 25 % en faveur de l’inclusion des peuples autochtones. Les établissements doivent justifier d’une ancienneté minimale de trois ans pour être éligibles. Les frais scolaires et techniques, ainsi que les évaluations, seront pris en charge par des commissions incluant la Division de l’éducation, la Division du genre, les affaires sociales, la Division de santé, l’ANAPECO et l’ABEF-ND.
Si le projet est louable, plusieurs questions se posent. Quel est le lien réel entre bourses scolaires et réduction de la pression environnementale ? Les experts soulignent qu’il n’existe pas de preuve directe que la scolarisation des jeunes filles dans ces filières entraîne automatiquement une gestion plus durable des ressources naturelles. De plus, la proportion des bourses par rapport au nombre total de jeunes filles dans ces provinces reste floue. Sans données précises, il est difficile d’évaluer l’impact réel sur la pauvreté et l’autonomisation des bénéficiaires. Les observateurs appellent également à une vigilance sur la transparence du processus de sélection et sur la capacité des écoles à encadrer correctement les nouvelles boursières.

Madame la Ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant a clôturé la réunion en remerciant le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, pour la matérialisation de l’initiative, en insistant : « Nous demandons que ces jeunes filles soient bien encadrées et orientées pour contribuer au développement de notre pays ».
Cette journée marque une première étape, mais le véritable succès du projet dépendra du suivi rigoureux, de la transparence et de l’accompagnement réel des bénéficiaires, conditions indispensables pour transformer une promesse ambitieuse en impact concret pour la jeunesse congolaise.
Par kilalopress